Les exportations chinoises ont progressé de 27 % sur un an en juin 2026, dépassant les prévisions des analystes, selon les données publiées mardi 14 juillet par l’Administration générale des douanes. Le commerce extérieur du géant asiatique a été soutenu par le boom de l’intelligence artificielle et la flambée des prix des semi-conducteurs.
Les exportations de la Chine ont atteint 412,39 milliards de dollars en juin, contre une prévision de 19 % de croissance attendue par les analystes interrogés par Bloomberg. Les importations ont augmenté de 36 % sur un an, à 286,4 milliards de dollars, elles aussi au-dessus des anticipations (+26,1 %). L’excédent commercial s’est établi à 126 milliards de dollars, contre 105 milliards en mai.
Semi-conducteurs et IA en première ligne
L’essor de l’intelligence artificielle, qui oppose Pékin et Washington dans une compétition technologique, continue de stimuler les échanges. Les exportations de semi-conducteurs ont bondi de 122 % en valeur sur un an. Julian Evans-Pritchard, analyste chez Capital Economics, a tempéré ces chiffres : « Ils reflètent principalement la récente flambée des prix des semi-conducteurs due à la pénurie persistante de puces mémoires. En volume, les exportations de semi-conducteurs ont légèrement reculé sur un an, leur première baisse depuis plus de deux ans. »
L’analyste a également relativisé la hausse des importations : « Il ne faut pas y voir la preuve d’une envolée de la demande intérieure. La flambée des prix des semi-conducteurs joue un rôle clé, tout comme le conflit au Moyen-Orient qui renchérit le prix des matières premières. » La Chine a limité ses achats d’hydrocarbures : ses importations de pétrole brut ont chuté de 41 % en volume sur un an en mai.
Voitures électriques et résistance industrielle
Hors semi-conducteurs, la demande étrangère pour les produits chinois reste soutenue, en particulier dans les technologies vertes et l’automobile. Le nombre de véhicules exportés a bondi de 72 % sur un an, tiré par les voitures électriques, a noté Julian Evans-Pritchard. Les panneaux solaires et les batteries constituent également des segments en forte croissance à l’export. Ce dynamisme soutient une conjoncture intérieure précaire, marquée par une consommation atone et une crise persistante du secteur immobilier depuis plusieurs années.
Zhiwei Zhang, économiste chez Pinpoint Asset Management, a estimé que « les exportations devraient rester soutenues au second semestre, ce qui témoigne de la compétitivité et de la résilience du secteur manufacturier chinois ». Il a toutefois averti que cette performance risque d’« accentuer les tensions commerciales entre la Chine et ses partenaires, notamment l’Europe ». L’économiste s’attend à ce que la Chine laisse sa monnaie s’apprécier dans les mois à venir sans pour autant freiner son commerce extérieur.
Excédent croissant avec les États-Unis et l’UE
Les exportations chinoises vers les États-Unis ont augmenté de 13,9 % sur un an en juin, à 43,5 milliards de dollars. Les importations en provenance des États-Unis ont progressé de 25,8 %. L’excédent commercial de la Chine avec les États-Unis s’est établi à 28,9 milliards de dollars, contre 26 milliards le mois précédent. Les relations commerciales se sont stabilisées depuis la visite du président américain Donald Trump à Pékin en mai, selon les douanes.
Avec l’Union européenne, l’excédent commercial chinois a atteint 32,9 milliards de dollars en juin, contre 30,7 milliards en mai. Le déséquilibre croissant avec l’Europe alimente les différends commerciaux en cours. Par ailleurs, les exportations de terres rares, composants nécessaires aux industries de pointe, ont chuté de 34,1 % en volume par rapport à juin 2025. La Chine domine très largement la production et le raffinage de ces matériaux à l’échelle mondiale, et ce durcissement accroît les tensions avec les économies occidentales, qui cherchent à diversifier leurs approvisionnements.
