L’ancien président sénégalais Macky Sall est rentré à Dakar le 17 juillet, sa première visite dans le pays depuis son départ de la présidence en avril 2024. Il a rencontré le président Bassirou Diomaye Faye au palais présidentiel pour solliciter le soutien du Sénégal à sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Un retour très attendu à Dakar
Macky Sall est arrivé en fin de matinée à l’aéroport international Léopold-Sédar-Senghor, où plusieurs centaines de partisans de son parti, l’Alliance pour la République (APR), l’ont accueilli. Des banderoles et des pancartes à son effigie étaient déployées sur le parcours de son convoi, selon les images diffusées par les médias locaux. L’ancien chef de l’État, qui a quitté le pouvoir en avril 2024 après douze années à la tête du Sénégal, se présente officiellement comme candidat à la succession d’António Guterres à la tête de l’ONU.
Un entretien de trois heures avec le président Faye
L’entretien avec Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024, a duré environ trois heures. Les deux hommes se sont entretenus en tête à tête avant un dîner de travail élargi à plusieurs conseillers. Aucune déclaration commune n’a été faite à l’issue de la réunion. Selon des sources proches du dossier, le chef de l’État sénégalais devrait apporter un soutien clair à la candidature de son prédécesseur, sans toutefois préciser les modalités de cet appui.
Un contexte politique contrasté
Ce retour de Macky Sall intervient dans un contexte politique intérieur tendu. Plusieurs organisations de la société civile et des familles de victimes de violences politiques survenues sous son mandat se sont opposées à cette visite. Un collectif a appelé les autorités à ne pas apporter leur soutien à l’ancien président, estimant que sa candidature à l’ONU intervient alors que des enquêtes judiciaires sont en cours au Sénégal concernant des accusations de répression et de violations des droits humains durant son mandat.
Une campagne internationale pour l’ONU
Macky Sall, âgé de 64 ans, a officiellement annoncé sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU en mars 2026. Il mène depuis une campagne discrète auprès des États membres de l’organisation internationale. La succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève fin 2026, suscite une compétition diplomatique intense. Plusieurs candidats sont en lice, issus de différentes régions du monde. Traditionnellement, le poste de secrétaire général de l’ONU fait l’objet d’un accord de rotation géographique entre les groupes régionaux.
L’ancien président sénégalais a rencontré ces derniers mois plusieurs chefs d’État africains et des représentants de groupes régionaux pour faire avancer sa candidature. Selon France 24 et TV5Monde, le retour de Macky Sall à Dakar constitue une étape décisive dans sa campagne, le soutien de son propre pays étant considéré comme un prérequis diplomatique avant de solliciter celui des autres États membres de l’Union africaine. La décision finale du Sénégal n’a pas été annoncée publiquement à ce stade.
Une compétition diplomatique pour la succession de l’ONU
La campagne pour la succession d’António Guterres, dont le second mandat de cinq ans s’achève en décembre 2026, mobilise plusieurs candidats déclarés. Le processus de sélection, encadré par la Charte des Nations unies, prévoit des auditions publiques des candidats devant l’Assemblée générale, suivies d’un vote du Conseil de sécurité puis d’une confirmation par l’Assemblée. Traditionnellement, le poste de secrétaire général fait l’objet d’une rotation géographique entre les groupes régionaux. L’Afrique n’a pas occupé ce poste depuis Boutros Boutros-Ghali (Égypte, 1992-1996).
Un ancien chef d’État au parcours dense
Macky Sall, né en 1961 à Fatick, a été président du Sénégal de 2012 à 2024. Durant ses deux mandats, il a notamment présidé l’Organisation de la coopération islamique (OCI) en 2016 et occupé la présidence tournante de l’Union africaine en 2022. Ingénieur géologue de formation, il a été maire de Fatick, ministre des Mines, puis Premier ministre avant d’accéder à la présidence. Son bilan à la tête du Sénégal est marqué par le lancement de grands projets d’infrastructure et par des tensions politiques récurrentes avec l’opposition, notamment pendant la campagne présidentielle de 2024.
