Le bureau du procureur de San Francisco a ordonne a Apple et Google de retirer de leurs magasins d’applications plusieurs dizaines de programmes dits « nudify », qui permettent de modifier numeriquement des photographies pour denuder les personnes qui y figurent. La lettre de mise en demeure, envoyee le 17 juillet 2026, cite une loi californienne qui criminalise toute activite facilitant ou encourageant la creation de deepfakes pornographiques non consentis.
Dans un communique transmis a TechCrunch, le procureur David Chiu a declare que les deux entreprises « profitent d’applications qui exploitent des femmes et des jeunes filles en generant des deepfakes intimes non consentis ». Il a ajoute que, « bien que les societes aient coupe les ponts avec certaines applications problematiques, Apple et Google ont la responsabilite d’etre proactifs et vigilants pour prevenir les abus sexuels ».
Les lettres envoyees a Google et Apple, consultee par TechCrunch, indiquent que les entreprises sont « informees » de leur role dans le traitement des paiements pour des achats illegaux depuis pres d’un an, mais qu’elles ont neanmoins continue de le faire. Selon les documents, les deux societes ont ete averties a plusieurs reprises qu’elles hebergeaient ces applications.
En janvier 2026 puis en avril 2026, le Tech Transparency Project (TTP) a publie des rapports et envoye des lettres aux deux entreprises, signalant la presence de « dizaines d’applications » dans leurs stores proposant des deepfakes intimes non consentis contre paiement. Le rapport d’avril indiquait que Google et Apple avaient « oriente » les utilisateurs vers ces applications et les qualifiait de « participants cles dans la propagation d’outils d’IA capables de transformer des personnes reelles en images sexualisees ».
Interroge par Wired, David Chiu a estime que les deux entreprises avaient probablement genere « des millions de dollars de commissions » a partir des applications proposant ces services. Les lettres de mise en demeure prevenent Apple et Google qu’elles s’exposent a des sanctions civiles si elles ne se conforment pas a la loi, et leur demandent de repondre sous vingt-huit jours.
Interroge par TechCrunch, un porte-parole d’Apple a declare que les applications « nudify » etaient interdites sur l’App Store et a precise : « Nous avons retire trois des applications concernees et sommes en train de resilier les comptes developpeur correspondants. Nous sommes en contact avec quatre autres qui doivent resoudre les violations de nos regles sous peine de retrait. »
Un porte-parole de Google a affirme que les cinq applications du Play Store mentionnees dans la lettre de Chiu avaient ete suspendues. « Lorsque des violations nous sont signalees, nous enquietons et prenons des mesures rapides, ce qui dans le cas de ces applications a inclus la suspension de plusieurs centaines d’applications en infraction et la restriction des termes de recherche comme ‘nudify’ sur notre store », a-t-il ajoute.
La pornographie deepfake a longtemps concerne principalement des celebrites feminines, mais les applications « nudify » permettent desormais de cibler toute personne disposant d’une photographie accessible publiquement. Plusieurs medias francais, dont iGeneration, 01net et Generation NT, ont egalement relaye l’information le 17 juillet 2026.
