Les Etats-Unis ont bombardé l’Iran pour la septième nuit consécutive, dans la nuit du 17 au 18 juillet 2026, visant des sites de surveillance, des infrastructures logistiques et des dépôts souterrains d’armes. Les autorités iraniennes font état d’au moins trois morts et huit blessés dans la province d’Hormozgan, tandis que Téhéran menace de passer à une phase d’offensive totale.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir attaqué des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d’armes et des installations maritimes. Les frappes ont ciblé plusieurs villes du sud et du centre de l’Iran, dont Ahvaz, Bouchehr, Bandar Abbas, l’île de Qeshm, Lar, Darab et Yazd, selon l’agence officielle Irna. Les autorités de la province d’Hormozgan ont annoncé que des ponts et un tunnel routiers avaient également été touchés.
En représailles, l’armée iranienne a affirmé avoir frappé des bases militaires au Koweït (Al-Adiri et Ali Al-Salem), en Jordanie (Al-Azraq) et à Bahreïn (Sheikh Isa). La Jordanie a indiqué que ses défenses aériennes avaient intercepté dix missiles iraniens sans faire de victime ni de dégât. Le Koweït a signalé des attaques de drones hostiles. Les sirènes d’alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, selon le ministère de l’Intérieur de l’émirat.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir stoppé quatre navires dans le détroit d’Ormuz avec des missiles et des drones, alors qu’ils tentaient de franchir sans autorisation le détroit stratégique. Ils ont également affirmé que deux pétroliers, qui tentaient de traverser une zone minée au sud du détroit, avaient explosé et pris feu. Le Centcom a démenti cette information sur le réseau social X, la qualifiant de fausse. Le détroit d’Ormuz est de nouveau verrouillé par l’Iran depuis plus d’une semaine, et le trafic maritime y est quasiment à l’arrêt.
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a menacé que Téhéran passerait à une phase d’offensive totale si les frappes américaines se poursuivaient au-delà de deux à trois jours, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat iranienne. Les Gardiens de la Révolution ont prévenu que leurs frappes se poursuivront jusqu’au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d’Ormuz.
Donald Trump avait menacé cette semaine de frapper les ponts et les centrales électriques d’Iran si ses dirigeants ne revenaient pas à la table des négociations. Les Etats-Unis ont rétabli un blocus des ports iraniens depuis la reprise des hostilités le 7 juillet. Aucune négociation directe n’est en cours à ce stade.
Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d’eau a été touchée par une attaque iranienne, selon l’émirat, qui a appelé les usagers à réduire leur consommation d’électricité durant cette phase exceptionnelle, dans un pays où les températures atteignent 48 degrés Celsius. Au Qatar, médiateur du conflit, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé la base américaine d’Al-Udeid. Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan ont appelé les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d’accord signé mi-juin entre l’Iran et les Etats-Unis, un accord qui a volé en éclats après les affrontements du 7 juillet.
Le conflit, déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et continue de peser sur l’économie mondiale. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un tiers du pétrole mondial, reste au coeur des tensions entre les deux puissances. Les marchés pétroliers restent sous tension, les cours du brut oscillant autour de 95 dollars le baril depuis la reprise des hostilités début juillet.
