La délégation iranienne a quitté dimanche soir le lieu des négociations avec les États-Unis en Suisse après la publication d’un message du président américain Donald Trump jugé « insultant ». Les discussions se poursuivent via les médiateurs qatari et pakistanais.
Les pourparlers entre Téhéran et Washington se déroulent depuis dimanche à Bürgenstock, dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, sous l’égide du Pakistan et du Qatar. Après quatre-vingts minutes de discussions, la délégation iranienne a annoncé quitter le bâtiment où se tenaient les négociations, entrées selon l’agence gouvernementale Irna dans « une phase difficile ».
En cause : un message publié par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Le président américain a enjoint Téhéran d’empêcher ses alliés au Liban, en référence au Hezbollah, de « causer des problèmes », sans quoi les États-Unis reprendraient leurs frappes. « L’Iran doit immédiatement empêcher ses MANOEUVRES, grassement rémunérés au Liban, de semer le trouble. S’il ne le fait pas, nous frapperons à nouveau très fort l’Iran, comme nous l’avons fait la semaine dernière, mais encore plus fort », a écrit le locataire de la Maison-Blanche.
Malgré ce départ, un diplomate américain a déclaré aux premières heures de lundi que « la délégation iranienne se trouve toujours sur le lieu des négociations et la délégation américaine prévoit de poursuivre les travaux toute la nuit ». Les Iraniens restent « engagés » dans le processus selon un diplomate proche des négociations, et les discussions se poursuivent via les médiateurs.
Le chef de l’équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a répondu fermement sur X : « Ils feraient mieux de peser leurs mots ; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement. » L’influent dirigeant iranien a affirmé que son pays restait attaché à la recherche d’un accord, mais pas « à n’importe quel prix ».
Le vice-président américain J. D. Vance, qui participe également aux discussions à Bürgenstock, a salué des négociations « historiques ». La délégation américaine conduite par Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio est arrivée en Suisse vendredi pour préparer le terrain. De son côté, l’Iran a envoyé une équipe menée par Ghalibaf, ancien commandant des Gardiens de la révolution et figure politique majeure à Téhéran. L’Iran affirme que le Liban sera le « principal » sujet discuté avec les États-Unis, selon des sources proches de la délégation iranienne.
Les deux parties se sont rencontrées pour la première fois samedi en fin de journée pour une session d’ouverture à huis clos, avant d’enchaîner dimanche avec la première véritable séance de travail. Les entretiens sont facilités par le Pakistan et le Qatar, deux pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Téhéran et Washington. Le rôle du Pakistan est particulièrement important : Islamabad a servi d’intermédiaire lors des phases préparatoires de l’accord de cessez-le-feu.
Ces pourparlers doivent aboutir, sous un délai de soixante jours renouvelables, à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient. Celui-ci a été déclenché par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février 2026 et a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Un protocole d’accord américano-iranien avait été signé mercredi 17 juin sous médiation pakistanaise, ouvrant la voie à cette session de négociations en Suisse.
Le texte signé le 17 juin prévoyait la réouverture du détroit d’Ormuz, fermé par l’Iran depuis le début des hostilités, et la levée partielle des sanctions américaines en échange d’un engagement iranien à réduire ses capacités militaires dans la région. Selon les termes de ce protocole, les deux parties disposent d’un délai initial de soixante jours pour parvenir à un accord-cadre, renouvelable une fois. Le retrait de la délégation iranienne dimanche soir jette une ombre sur ce calendrier déjà serré.
