La cour d’assises specialement composee de Paris a condamne, vendredi 17 juillet, les fondateurs de l’officine criminelle Athanor a des peines de 25 a 30 ans de reclusion criminelle. Dix-sept des vingt-deux prevenus ont ete declares coupables, cinq ont ete acquittes.
Lancé en mars 2026, le procès Athanor a jugé les activités d’une officine criminelle implantée au sein d’une loge maçonnique des Hauts-de-Seine. Les peines prononcées par la cour vont de six mois de prison avec sursis à 30 ans de réclusion criminelle. L’enquête, menée pendant plusieurs années, avait mis au jour un réseau de services criminels organisés, allant de l’intimidation aux actes de violence les plus graves.
Daniel Beaulieu, ancien agent des renseignements intérieurs, a écopé de 30 ans de réclusion criminelle, la peine la plus lourde prononcée dans ce dossier. Frédéric Vaglio, son frère de loge chargé de décrocher les contrats criminels, a été condamné à 25 ans de réclusion. Sébastien Leroy, désigné comme l’homme de main de l’officine, a écopé de 27 ans de réclusion criminelle. La cour a suivi en partie les réquisitions du parquet, qui avait requis jusqu’à 30 ans contre les principaux accusés.
Dylan Bilheude, présenté par l’accusation comme l’auteur du tir mortel ayant tué le pilote Laurent Pasquali en 2021, a été acquitté au bénéfice du doute. La cour a estimé qu’il n’avait pas donné instruction de commettre un meurtre. Le couple formé par Alain et Nancy Maarek a également bénéficié d’un acquittement, tout comme trois autres prévenus.
L’officine Athanor doit son nom à la loge maçonnique des Hauts-de-Seine dans laquelle elle était implantée. Daniel Beaulieu et Frédéric Vaglio utilisaient leurs réseaux maçonniques pour recruter des exécuteurs et décrocher des contrats criminels, créant une structure décrite par les enquêteurs comme une « PME du crime ». Le réseau proposait des prestations allant de la filature à l’extorsion, en passant par les passages à tabac et les violences armées. L’enquête a mobilisé plusieurs services de police et dure depuis l’été 2021.
Le dossier Athanor avait été ouvert après l’assassinat de Laurent Pasquali, pilote de dragster abattu en 2021 dans des circonstances demeurées obscures. L’enquête avait progressivement révélé l’existence d’une organisation criminelle structurée, dirigée depuis une loge maçonnique. L’affaire avait entraîné la suspension de plusieurs francs-maçons et la mise en cause de la loge elle-même. La justice avait mis au jour un système de commandes et de sous-traitance criminelle organisé comme une véritable entreprise.
Le procès, qui s’est tenu sur six mois, a été l’un des plus longs de l’année judiciaire 2026 à Paris. Vingt-deux personnes étaient jugées pour association de malfaiteurs, extorsion, violences en réunion et assassinat. La cour d’assises spécialement composée, qui juge sans jurés populaires les affaires criminelles les plus complexes, a rendu un verdict contrasté, mariant de longues peines de réclusion pour les dirigeants du réseau et des acquittements pour les rôles secondaires. Les débats ont duré près de six mois, de mars à juillet 2026.
Les condamnés disposent d’un délai de dix jours pour faire appel de la décision. En l’absence de recours, les peines de réclusion seront exécutées conformément au droit pénal français. Cette affaire a mis en lumière les dérives possibles au sein de certaines loges maçonniques, un sujet qui avait déjà fait l’objet de débats dans plusieurs obédiences. Le parquet dispose également de la faculté de faire appel des acquittements prononcés dans ce dossier.