Databricks a annoncé jeudi 17 juillet un nouveau tour de financement qui valorise l’entreprise à 188 milliards de dollars (environ 161 milliards d’euros). La levée, menée par le fonds américain Coatue, illustre l’accélération des valorisations dans le secteur de l’intelligence artificielle.
Un tour de table mené par Coatue
L’entreprise n’a pas dévoilé le montant exact de la levée, précisant que les fonds ne sont pas encore sur ses comptes et que le tour sera finalisé d’ici la fin de l’été. Plusieurs agences et médias, dont Bloomberg et Reuters, rapportent une levée d’environ 3 milliards de dollars.
Annoncer une levée avant d’en recevoir le produit est inhabituel, mais un investisseur en capital-risque cité par TechCrunch indique que l’opération est solide, portée par une forte demande de la part des fonds. Le secteur de l’IA connaît une dynamique comparable à celle des valeurs technologiques de la fin des années 1990, les investisseurs cherchant à prendre position avant les introductions en Bourse attendues.
Une ascension de 62 à 188 milliards en dix-huit mois
Cette opération porte la valorisation de Databricks de 134 à 188 milliards de dollars en seulement cinq mois. En février 2026, l’entreprise avait clôturé une levée de série L de 5 milliards de dollars. En septembre 2025, elle levait 1 milliard pour une valorisation de 100 milliards. En décembre 2024, elle réunissait 10 milliards pour 62 milliards de valorisation, ce qui constituait alors un record pour une société privée.
La multiplication des tours de table est devenue un sujet de plaisanterie dans la Silicon Valley, certains s’amusant du risque de manquer de lettres dans l’alphabet pour nommer les futures séries. Une ironie que le marché, pour l’instant, ne semble pas partager au vu des valorisations atteintes.
Du big data à l’intelligence artificielle
Fondée en 2013 par les créateurs du framework Apache Spark, Databricks s’est d’abord imposée à l’ère du big data avec des logiciels permettant aux entreprises de stocker et d’analyser d’importants volumes de données dans le cloud. Sa plateforme unifiée, conçue pour simplifier l’ingénierie des données à grande échelle, a séduit des secteurs allant de la finance à la santé en passant par l’industrie.
En s’appuyant sur cet accès privilégié aux données d’entreprise, la société a ensuite opéré un virage stratégique vers l’intelligence artificielle. Elle a lancé successivement Lakebase, une base de données conçue pour les agents IA, Unity, une passerelle de gouvernance, et Omnigent, un outil de coordination entre plusieurs agents. Ces produits visent à offrir aux entreprises les mêmes garanties de sécurité et de conformité que leurs logiciels traditionnels.
Les modèles open weight rivalisent avec les solutions propriétaires
Databricks se positionne également comme un champion des modèles open weight, ces modèles d’IA dont le code sous-jacent est publié et modifiable par tous. L’entreprise met notamment en avant GLM 5.2, développé par le laboratoire chinois Z.ai, pour les tâches de programmation. Selon les tests internes menés auprès de ses 3 000 ingénieurs logiciels, les performances de ce modèle rivalisent désormais avec celles des solutions propriétaires d’Anthropic et d’OpenAI, pour un coût total inférieur.
L’étude, publiée la semaine dernière par le PDG Ali Ghodsi, souligne un autre enseignement : le choix de l’outil d’orchestration a un impact sur les coûts aussi important que le choix du modèle lui-même. Codex, Claude Code et l’outil open source Pi gèrent différemment le contexte entourant chaque requête, ce qui affecte directement la facture finale. Le modèle choisi n’est qu’une pièce du puzzle, conclut le billet.
Avec cette nouvelle valorisation, Databricks conforte sa place parmi les entreprises privées les mieux valorisées au monde, devant des groupes comme Uber ou Airbnb au moment de leur introduction en Bourse. Aucune date d’IPO n’a été annoncée.
