Les forces de securite turques ont interpelle cent dix-neuf suspects dans le cadre d’une operation antiterroriste d’envergure menee dans trente provinces du pays, a annonce samedi 18 juillet le ministere turc de l’Interieur. Les personnes apprehendees sont accusees d’appartenance a l’organisation Etat islamique (EI), de propagande sur les reseaux sociaux et de financement du groupe terroriste.
Une operation de la gendarmerie dans tout le pays
L’operation a ete conduite par la gendarmerie turque dans trente provinces, parmi lesquelles Istanbul (nord-ouest), Ankara (centre) et Adana (sud), a precise le ministere dans un communique. Les suspects sont accuses d’etre membres du groupe Etat islamique, de faire sa propagande sur les reseaux sociaux et de le financer par le biais des personnes en lien avec l’organisation terroriste et des associations caritatives de facade, a-t-il ajoute. Les forces de l’ordre ont egalement saisi des documents numeriques et des supports de communication lors des perquisitions.
Un contexte securitaire tendu avant le sommet de l’Otan
Cette vaste intervention intervient dans un climat de vigilance renforcee en Turquie. Fin juin, un homme soupconne d’etre lie a l’Etat islamique avait ete tue dans un echange de tirs avec la police au sud d’Ankara, a deux semaines d’un sommet de l’Otan dans la capitale turque. Deux cent neuf personnes soupconnees de liens avec l’EI et avec des groupuscules d’extreme gauche avaient par la suite ete arretees a Ankara a la demande du parquet de la capitale. Ces operations s’inscrivent dans un dispositif de securite renforce visant a prevenir toute action du groupe jihadiste sur le sol turc.
La Turquie fait partie des premiers pays a avoir ete touches par les attentats de l’organisation Etat islamique, notamment l’attaque de la discotheque Reina a Istanbul en janvier 2017 (39 morts) et l’attentat de l’aeroport Ataturk en juin 2016 (45 morts). Depuis la perte de son califat territorial en 2019, l’EI a mute vers un modele insurrectionnel et clandestin, utilisant des reseaux dormants et des financements decentralises via des transferts informels et des associations de facade. Ces reseaux de financement, difficiles a detecter, constituent le talon d’Achille des operations de contre-terrorisme dans la region.
Financement et reseaux clandestins de l’EI
La Turquie a mene ces dernieres annees de nombreuses operations contre les cellules de l’Etat islamique sur son territoire. Le groupe jihadiste, bien que militairement affaibli en Syrie et en Irak, conserve des capacites de recrutement et de financement via des reseaux clandestins. Les autorites turques maintiennent une pression securitaire constante, en particulier avant les rendez-vous internationaux majeurs. L’operation de ce samedi porte a plusieurs centaines le nombre de personnes interpellees pour lien presume avec l’EI en Turquie depuis le debut de l’annee 2026.
Les operations de ce type visent a demanteler les cellules de soutien logistique et financier qui permettent au groupe de maintenir une capacite d’action residuelle. Les autorites turques estiment que le demantelement des filieres de financement constitue un levier aussi important que la repression militaire pour reduire la menace jihadiste a long terme. La cooperation avec les services de renseignement occidentaux, notamment dans le cadre de l’Otan, joue un role cle dans l’identification des reseaux transfrontaliers de l’organisation.
Le sommet de l’Otan prevu a Ankara dans les prochaines semaines a conduit les autorites turques a renforcer leur dispositif antiterroriste a travers le pays. Les operations coordonnees entre les differentes provinces visent a neutraliser toute cellule susceptible de planifier une action pendant cette periode de haute exposition mediatique et diplomatique. Les regards sont tournes vers la securite de la capitale turque, qui accueillera les dirigeants des pays membres de l’Alliance atlantique pour des discussions sur la securite regionale et les conflits en cours au Moyen-Orient.
