Le Pakistan a annoncé avoir mené de nouvelles frappes dans l’est de l’Afghanistan, visant une faction dissidente des talibans. L’opération aurait fait au moins 25 morts, selon les autorités afghanes.
Les frappes, annoncées dans la nuit du 28 au 29 juin 2026, ciblent des positions d’un groupe taliban dissident réfractaire aux accords de paix entre le Pakistan et le gouvernement taliban afghan. Selon plusieurs sources concordantes, dont France 24, RFI et Le Temps, l’armée pakistanaise a confirmé avoir visé des repaires de militants dans la province de Khost, dans l’est du pays. Les bombardements ont été menés par des avions de chasse pakistanais, selon des témoins cités par les médias locaux.
Les autorités afghanes ont dénoncé ces frappes, les qualifiant de violation de leur souveraineté. Le Pakistan, de son côté, justifie ses actions par la nécessité de lutter contre les groupes armés qui opèrent depuis le territoire afghan et mènent des attaques transfrontalières. Le ministre pakistanais de la Défense a déclaré que l’opération visait des sanctuaires du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe responsable de plusieurs attentats meurtriers au Pakistan ces derniers mois.
Selon des informations recueillies auprès de sources locales par Le Monde et confirmées par RFI, au moins 25 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans ces bombardements. Les chiffres exacts n’ont pas encore été vérifiés de manière indépendante par des organisations humanitaires présentes sur le terrain. Les opérations de secours se poursuivent dans les zones touchées, les équipes médicales locales faisant état de blessés graves parmi la population.
Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Islamabad et Kaboul. Le Pakistan accuse régulièrement le gouvernement taliban afghan de ne pas faire assez pour empêcher les groupes armés, notamment le TTP, d’utiliser le sol afghan comme base arrière pour planifier et exécuter des attaques au Pakistan. Depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en août 2021, les relations entre les deux voisins se sont dégradées, les talibans afghans refusant de rompre leurs liens avec les factions combattant Islamabad. Plus de 1 500 Pakistanais ont été tués dans des attaques attribuées au TTP depuis 2022, selon des données officielles pakistanaises.
Depuis le début de l’année 2026, le Pakistan a intensifié ses opérations militaires le long de la frontière afghane, suscitant des condamnations de la part des autorités de Kaboul. En mars 2026, une frappe pakistanaise sur un hôpital de Kaboul avait déjà provoqué une crise diplomatique, faisant plusieurs centaines de morts. Le gouvernement taliban afghan a multiplié les appels au dialogue, tout en dénonçant ce qu’il présente comme une ingérence dans ses affaires intérieures.
Selon des analystes cités par Le Temps, la répétition des frappes pakistanaises reflète l’échec des négociations bilatérales entamées fin 2025. Les pourparlers entre Islamabad et Kaboul, médiés par la Chine et les États-Unis, n’ont pas abouti à un accord sur le contrôle de la frontière ni sur l’extradition des dirigeants du TTP réfugiés en Afghanistan. Les frappes du 29 juin 2026 constituent la troisième incursion militaire pakistanaise majeure sur le sol afghan depuis le début de l’année, après celles de mars et de juin dans la province de Kaboul et la région frontalière de Khost.
La communauté internationale suit la situation avec attention. Les Nations unies ont appelé les deux parties à la retenue et à privilégier le dialogue pour éviter une escalade régionale. L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a également proposé sa médiation, tandis que les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d’État, ont exhorté les deux capitales à désescalader les tensions. Washington maintient que la stabilité de la région est une priorité stratégique, notamment dans le contexte du départ des forces américaines d’Afghanistan en 2021.
