La Chine a ajoute 20 entites japonaises a sa liste de controle des exportations de biens a double usage civil et militaire. Les entreprises concernees ne pourront plus acceder a des technologies et materiaux chinois susceptibles d’etre utilises a des fins militaires.
Pekin a annonce dimanche 29 juin 2026 l’inscription de vingt entites japonaises sur sa « liste noire » des exportations, selon des informations confirmees par plusieurs medias internationaux. Cette decision, rapportee par Le Monde, RFI et La Libre Belgique, empeche les organisations concernees d’acceder a des biens chinois a usage militaire.
La mesure s’inscrit dans le cadre du regime de controle des exportations de la Chine, qui surveille les transferts de technologies et de materiaux pouvant contribuer a des programmes militaires ou de proliferation. Les entites blacklistees sont designees comme presentant un risque en matiere de securite nationale.
Les secteurs concernes par ces restrictions incluent notamment les semi-conducteurs, les equipements de precision, les materiaux avances et les technologies de l’information. La liste precise empeche toute transaction commerciale avec ces entreprises sans autorisation prealable des autorites chinoises.
Cette decision de Pekin intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et le Japon sur plusieurs dossiers, notamment technologiques et commerciaux. Les deux pays sont engages dans une competition accrue dans le domaine des semi-conducteurs et des technologies de pointe.
Le Japon dispose de son propre regime de restrictions a l’exportation vers la Chine, notamment dans le secteur des equipements de fabrication de puces electroniques. Cette nouvelle mesure chinoise est percue par les observateurs comme une reponse aux restrictions imposees par Tokyo et ses allies occidentaux.
Les entites concernees sont reparties dans plusieurs secteurs industriels japonais. Le gouvernement chinois n’a pas fourni de details specifiques sur les motifs ayant conduit a l’inscription de chacune des vingt entites sur cette liste.
Les autorites japonaises n’avaient pas encore reagi officiellement a cette annonce dans la matinee du 29 juin. L’impact economique de ces restrictions reste a evaluer, les entreprises concernees devant desormais solliciter des licences d’exportation specifiques pour tout echange avec des partenaires chinois.
Cette mesure porte a plusieurs dizaines le nombre d’entites etrangeres inscrites sur la liste de controle des exportations chinoise, qui inclut deja des organisations americaines, europeennes et taiwanaises. Pekin a regulierement recours a cet instrument dans le cadre de ses differends commerciaux et technologiques.
L’annonce survient alors que les echanges commerciaux entre la Chine et le Japon ont atteint 370 milliards de dollars en 2025, faisant du Japon l’un des principaux partenaires commerciaux de la Chine. Les restrictions ciblees pourraient affecter certains segments specifiques sans impacter l’ensemble des relations bilaterales.
Les observateurs du commerce international considerent que cette decision illustre la militarisation croissante des chaines d’approvisionnement technologiques entre les grandes puissances economiques. La Chine, comme les Etats-Unis et leurs allies, utilise de plus en plus le controle des exportations comme levier geopolitique dans la competition technologique mondiale.
Les regimes de controle des exportations de biens a double usage sont devenus un instrument central des rivalites entre grandes puissances. Les Etats-Unis ont multiplie les restrictions visant l’acces de la Chine aux semi-conducteurs et equipements de pointe depuis 2022, entrainant des mesures de represailles de la part de Pekin. Le Japon et les Pays-Bas se sont alignes sur une partie de ces restrictions, limitant l’exportation d’equipements de lithographie et de fabrication de puces vers la Chine.
La liste noire chinoise, officiellement intitulee « liste de controle des exportations », a ete elargie a plusieurs reprises ces dernieres annees. Elle permet aux autorites chinoises d’interdire ou de conditionner les transferts de technologies, de composants et de matieres premieres vers des entites jugees contraires aux interets de securite nationale du pays.
Les analystes estiment que ces mesures pourraient affecter les approvisionnements de certaines entreprises japonaises en minerais rares, en terres rares et en materiaux avances, secteurs dans lesquels la Chine domine la production mondiale. La Chine assure pres de 60 % de l’extraction mondiale de terres rares et environ 90 % du raffinage, ce qui lui confere une position de force dans les chaines d’approvisionnement technologiques.
