Le journaliste français Christophe Gleizes est détenu en Algérie depuis le 29 juin 2025, a rappelé lundi l’organisation Reporters sans Frontières (RSF), qui réclame sa libération immédiate et une grâce du président Abdelmadjid Tebboune.
Sept ans de prison pour « apologie du terrorisme »
Christophe Gleizes, 37 ans, a été condamné le 29 juin 2025 à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » avec mandat de dépôt. Il avait été arrêté en mai 2024 dans le cadre d’un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK) et placé sous contrôle judiciaire, avant d’être incarcéré.
Le journaliste sportif, spécialiste du football africain, a retiré en mars 2026 son pourvoi en cassation, dans l’espoir d’ouvrir la voie à une grâce présidentielle. La justice algérienne a depuis confirmé sa peine en appel, rejetant les recours de la défense.
Un appel à la grâce présidentielle
« Un an que Christophe Gleizes est injustement détenu », a déclaré Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, dans un communiqué diffusé lundi. L’ONG rappelle que la Coupe du monde de football 2026 « se joue avec une chaise vide à son nom dans la tribune de presse, son accréditation officielle rappelle que sa place est dans les stades, parmi les journalistes qui couvrent l’événement, et non dans une cellule ».
Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (FIFA), avait accrédité le journaliste pour la compétition et espérait une grâce présidentielle à la veille de l’ouverture du Mondial.
Ses parents, Sylvie et Francis Godard, ont appelé à ce que « ces avancées » judiciaires « débouchent rapidement sur une grâce présidentielle ». « Nous continuons d’attendre, avec espoir et dignité, le retour de Christophe parmi nous », ont-ils déclaré, évoquant la grand-mère du journaliste, âgée de 102 ans, qui a réalisé une vidéo d’appel à sa libération.
Une mobilisation internationale
Plusieurs médias et organisations de défense de la presse se sont mobilisés pour réclamer la libération du journaliste, dont Le Figaro, Le HuffPost, Le Parisien et RFI. La cause de Christophe Gleizes a été portée devant l’opinion internationale à l’occasion de la Coupe du monde 2026, où la FIFA lui a accordé une accréditation officielle.
Le gouvernement français a également été interpellé à plusieurs reprises. L’ambassadeur de France en Algérie a effectué une première visite consulaire au journaliste en mai 2026, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a promis d’évoquer le dossier avec son homologue algérien. Le président de la République, Emmanuel Macron, avait exprimé sa « profonde inquiétude » après la condamnation et promis d’agir pour sa libération.
Le retour de l’ambassadeur de France à Alger a été perçu comme un signe d’espoir par RSF, qui y voit une opportunité de relancer les discussions diplomatiques sur le dossier Gleizes.
Le monde du football mobilisé
Plusieurs clubs de Ligue 1 se sont mobilisés en faveur du journaliste, et la Fédération française de football (FFF) a appelé à la clémence des autorités algériennes. La finale de la Coupe de France 2026 a été dédiée à Christophe Gleizes, avec un coup d’envoi fictif donné par sa mère et son beau-père au Stade de France.
L’affaire a également des répercussions diplomatiques entre Paris et Alger. Les relations bilatérales, tendues depuis plusieurs mois, ont connu une légère amélioration avec le retour de l’ambassadeur de France en Algérie en mai. Selon RSF, ce geste pourrait faciliter une issue favorable au dossier du journaliste.
Christophe Gleizes est le seul journaliste sportif emprisonné dans le monde, selon Gianni Infantino. Son maintien en détention est régulièrement dénoncé par les organisations de défense de la liberté de la presse, qui rappellent que le journalisme n’est pas un crime.
