La cour d’appel fédérale de New York a rejeté, vendredi 12 juin 2026, le recours de Sam Bankman-Fried contre sa condamnation pour fraude. Le fondateur de la plateforme d’échange de cryptomonnaies FTX, âgé de 34 ans, reste condamné à 25 ans de prison.
Un recours rejeté à l’unanimité
Un panel de trois juges de la cour d’appel du deuxième circuit des États-Unis a confirmé, le 12 juin 2026, la condamnation de Sam Bankman-Fried. La décision, rendue publique dans un document de 42 pages, rejette les arguments de la défense selon lesquels le procès aurait été inéquitable.
Les avocats de Sam Bankman-Fried, emmenés par Alexandra Shapiro, contestaient les restrictions imposées par le juge Lewis A. Kaplan lors du procès tenu fin 2023. Ils affirmaient que le magistrat avait empêché la défense de présenter des éléments montrant que FTX disposait de fonds suffisants pour couvrir les retraits de ses clients. La cour d’appel a estimé que le juge avait agi « dans le cadre de son large pouvoir discrétionnaire », selon le texte cité par Forbes, et que les preuves présentées par l’accusation étaient « solides ».
Sam Bankman-Fried purge sa peine dans une prison fédérale de basse sécurité près de Santa Barbara, en Californie. Condamné en mars 2024 par le juge Kaplan, sa libération est prévue en 2044, selon le Guardian.
Une fraude estimée à 8 milliards de dollars
Le fondateur de FTX avait été reconnu coupable fin 2023 de sept chefs d’accusation, dont fraude électronique, association de malfaiteurs, blanchiment d’argent et fraude boursière. Le parquet fédéral de Manhattan l’accusait d’avoir détourné environ 8 milliards de dollars (7,1 milliards d’euros) de dépôts de clients de FTX vers Alameda Research, son fonds spéculatif.
Le procureur fédéral de Manhattan avait décrit l’affaire comme une « fraude aux proportions historiques ». Lors du prononcé de la peine en mars 2024, le juge Kaplan avait qualifié les faits de « violation massive de la confiance » ayant porté préjudice à des milliers de victimes.
Trois anciens collaborateurs de Sam Bankman-Fried, dont Caroline Ellison, ancienne directrice d’Alameda Research, avaient plaidé coupable et témoigné contre lui lors du procès. Leurs dépositions ont confirmé que les fonds des clients étaient utilisés pour couvrir les pertes du fonds spéculatif.
FTX, autrefois valorisée 32 milliards de dollars, s’était effondrée en novembre 2022. La chute avait été déclenchée par un article de CoinDesk révélant les liens financiers opaques entre la plateforme et Alameda Research. De nombreux clients ont depuis récupéré leurs fonds, parfois avec intérêts, via la procédure de faillite, selon The Crypto Times. La cour d’appel a par ailleurs confirmé la confiscation de 11 milliards de dollars ordonnée en première instance, rapporte le New York Law Journal.
Une demande de grâce présidentielle
Quelques jours avant la décision de la cour d’appel, Sam Bankman-Fried avait déposé une demande de grâce auprès du président américain Donald Trump. Le dossier est enregistré comme « en attente » au bureau du procureur chargé des grâces du département de la Justice, selon Forbes et ABC News. Sollicité lors d’un entretien accordé à Fox Business depuis la prison, Sam Bankman-Fried avait reconnu que la décision revenait au président.
Donald Trump avait toutefois déclaré en janvier 2026 au New York Times qu’il n’avait pas l’intention d’accorder sa clémence à l’ancien dirigeant de FTX. Au cours de son second mandat, le président américain a accordé des grâces à d’autres personnalités condamnées pour des affaires financières, dont Ross Ulbricht, fondateur de Silk Road, et Changpeng Zhao, ancien dirigeant de Binance.
Les options juridiques restantes pour Sam Bankman-Fried sont désormais limitées. Il peut demander un réexamen par l’ensemble des juges de la cour d’appel ou saisir la Cour suprême des États-Unis, deux procédures dont les chances de succès sont considérées comme très faibles par les experts juridiques cités par The Crypto Times.
