Vingt-sept départements ont été placés en risque « élevé » de feux de forêt ce lundi 20 juillet, tandis que six départements restent en vigilance orange canicule, a annoncé Météo-France. Près de 40 000 hectares de végétation ont déjà brûlé depuis le début de l’année.
Interrogé sur France Inter, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a dressé un bilan provisoire de la saison des incendies. « Nous sommes à un peu moins de 40 000 hectares qui ont été brûlés, forêts ou végétation, ce qui est évidemment beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l’année dernière et à la même période en 2022 qui était déjà une saison exceptionnelle », a-t-il déclaré.
La saison 2022 avait marqué les esprits avec plus de 72 000 hectares brûlés sur l’ensemble de l’année, un record historique. Le cap des 40 000 hectares atteint dès la mi-juillet 2026, sans attendre le pic estival du mois d’août, illustre l’aggravation du risque incendie en France. Les pluies abondantes de la fin 2025 ont favorisé une pousse rapide de la végétation, qui constitue désormais un réservoir de combustible sec après les semaines de sécheresse.
111 interpellations pour des actes liés aux incendies
Le ministre a annoncé que 111 personnes avaient été interpellées dans toute la France pour des faits liés aux incendies. « Nous sommes au moment où l’on se parle à 111 interpellations pour la France entière sur des incendiaires dont une grande partie reconnaissent les faits », a-t-il précisé. Il a rappelé que neuf feux sur dix ont une origine humaine, qu’elle soit volontaire, accidentelle ou liée à une imprudence.
Deux foyers majeurs dans l’ouest et le sud-est
Parmi les incendies en cours, le ministre a évoqué celui de Trignac, en Loire-Atlantique, où six maisons ont été incendiées et une vingtaine d’hectares ont été parcourus en milieu périurbain, désormais « fixé » grâce à l’engagement de deux avions bombardiers d’eau. À Taradeau, dans le Var, au nord-ouest du golfe de Saint-Tropez, une dizaine de maisons ont été brûlées et une cinquantaine impactées, le feu étant « en cours d’être fixé » avec d’importants moyens aériens.
Une menace qui s’étend à tout le territoire
Laurent Nuñez a prévenu que « la semaine qui s’ouvre est une semaine avec un risque assez sévère pour tout le sud-ouest et le sud-est ». Il a souligné une situation caractérisée par une sécheresse importante, une abondance de végétation héritée des pluies de fin 2025, et la présence fréquente de vent. « Les feux partent très vite », a-t-il alerté, précisant que l’inquiétude n’est plus cantonnée au sud mais concerne « partout en France ».
Le ministre a répondu aux critiques sur les moyens accordés, les qualifiant de « polémiques stériles ». Il a assuré que les moyens étaient suffisants, avec des effectifs terrestres renforcés depuis 2022 et une flotte aérienne d’un peu moins de 70 appareils. Six départements restent par ailleurs en vigilance orange canicule en raison d’une masse d’air très chaud stagne sur le sud-est, en particulier l’Ardèche, la Drôme, le Gard, l’Hérault, le Vaucluse et le Var. Météo-France prévoit des températures pouvant dépasser les 38 degrés dans ces zones, aggravant encore les conditions de sécheresse. Des rafales de vent atteignant localement 50 à 60 km\/h sont également attendues, compliquant le travail des soldats du feu.
Un bilan en forte hausse par rapport à 2025
Le bilan de 40 000 hectares brûlés depuis janvier 2026 dépasse déjà largement le total de 2025, année marquée par un nombre d’incendies limité grâce à un été plus humide. Selon les données de Météo-France, les températures moyennes de juin et juillet 2026 se situent parmi les plus hautes jamais enregistrées, accélérant l’assèchement des sols et de la végétation sur l’ensemble du territoire.
