Le Canada traverse l’une de ses saisons des feux de forêt les plus intenses. Plus de trois millions d’hectares sont déjà partis en fumée, selon les autorités, et la fumée des incendies dégrade la qualité de l’air dans plusieurs grandes villes américaines.
Plus de 850 incendies sont actifs sur l’ensemble du territoire canadien, dont plus de 200 sont considérés comme hors de contrôle, rapportent plusieurs médias dont franceinfo, Ouest-France et Le Parisien. La province de l’Ontario est particulièrement touchée, avec des feux qui ont déjà ravagé des centaines de milliers d’hectares.
Selon Les Echos, plus de 360 nouveaux foyers d’incendie sont apparus en une semaine. Les autorités canadiennes ont déployé des milliers de pompiers pour tenter de maîtriser les flammes, mais les conditions météorologiques sèches et venteuses compliquent les opérations. Radio-Canada rapporte que des évacuations ont été ordonnées dans plusieurs communautés isolées du nord-ouest de l’Ontario.
La fumée des incendies atteint les États-Unis
La fumée des incendies s’est propagée vers le sud et recouvre désormais une partie du nord-est des États-Unis. Des alertes à la qualité de l’air ont été émises dans au moins 18 États, de New York à Chicago en passant par le Michigan, rapporte la BBC. Plusieurs villes américaines connaissent une visibilité réduite et des niveaux de pollution jugés dangereux pour la santé.
À Toronto, la métropole la plus peuplée du Canada, la qualité de l’air a été classée comme la plus mauvaise au monde mercredi, selon plusieurs médias dont Libération et France 24. Les autorités sanitaires recommandent aux populations vulnérables de limiter leurs déplacements et de porter un masque à l’extérieur. À New York, les autorités ont activé leur plan de protection respiratoire pour les écoles et les hôpitaux.
Une mobilisation nationale
Le gouvernement canadien a déployé des moyens supplémentaires, incluant des avions bombardiers d’eau et des renforts militaires, pour faire face à la situation. La Croix-Rouge canadienne a activé ses équipes d’urgence pour venir en aide aux personnes évacuées. Plus de 5 000 pompiers sont mobilisés sur l’ensemble du territoire, selon les informations communiquées par les autorités.
La ministre fédérale des Ressources naturelles a qualifié la saison en cours d' »historique » et a prévenu que les prochains jours restent critiques. Les prévisions météorologiques ne prévoient pas de précipitations significatives dans les zones les plus touchées avant plusieurs jours, selon les services météorologiques canadiens.
Cette crise survient alors que le pays est confronté à des épisodes de sécheresse récurrents, aggravés par le changement climatique. Selon une étude de l’Université de Montréal, les conditions météorologiques extrêmes augmentent la fréquence et l’intensité des incendies de forêt au Canada. RFI rapporte que cette saison des feux est l’une des plus dévastatrices jamais enregistrées dans le pays.
Au sud de la frontière, le président américain Donald Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane au Canada en raison de la fumée des incendies qui envahit les villes américaines, selon la BBC et plusieurs médias internationaux. Le Canada n’a pas réagi officiellement à ces déclarations.
L’Agence spatiale américaine (NASA) a diffusé des images satellite montrant l’ampleur du panache de fumée qui s’étend sur des milliers de kilomètres, du Manitoba jusqu’à la côte Est des États-Unis. Selon AccuWeather, la fumée devrait rester un problème périodique jusque dans le courant du mois d’août dans le Midwest et le Nord-Est américain.
Le Canada connaît une intensification de ses saisons des feux depuis plusieurs années. Selon Ressources naturelles Canada, la superficie moyenne brûlée par an a doublé au cours des deux dernières décennies. La saison 2026 s’annonce comme l’une des plus dévastatrices jamais enregistrées, selon plusieurs experts cités par RFI et France 24. La situation est suivie de près par les autorités des deux côtés de la frontière.
