Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a recensé 144 personnes mortes ou portées disparues au large de la Mauritanie au cours de la semaine dernière. Les naufrages se sont produits sur la route migratoire reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries.
144 morts ou disparus en une semaine
Selon les données communiquées par le HCR, cité par France 24 et plusieurs médias ouest-africains, les disparitions ont eu lieu lors de plusieurs traversées distinctes. La route atlantique vers l’archipel espagnol des Canaries est l’une des voies migratoires les plus dangereuses au monde. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), des centaines de migrants périssent chaque année en tentant de rejoindre l’Europe par cet itinéraire.
La Mauritanie, située sur la côte nord-ouest de l’Afrique, constitue l’un des principaux points de départ pour les migrants tentant de rejoindre l’Europe par la mer. Les embarcations de fortune, souvent surchargées, empruntent cette route pour contourner les contrôles renforcés en Méditerranée. La distance entre les côtes mauritaniennes et l’archipel des Canaries est d’environ 1 000 kilomètres, une traversée qui peut prendre plusieurs jours dans des conditions précaires.
Des opérations de recherche toujours en cours
Le bilan de 144 morts ou disparus a été établi par le HCR à partir de témoignages de survivants et de sources locales. Ce chiffre pourrait évoluer, certains corps n’ayant pas été retrouvés et d’autres embarcations étant signalées disparues sans laisser de trace. Les enquêtes se poursuivent pour identifier les victimes et prévenir les familles.
Les autorités mauritaniennes, en coordination avec les gardes-côtes espagnols et les organisations internationales, ont mené des opérations de recherche et de sauvetage. Les conditions météorologiques et l’état de la mer compliquent régulièrement ces interventions. En juillet, la houle et les vents forts rendent la navigation particulièrement périlleuse pour les embarcations de faible tonnage.
Une augmentation des traversées vers les Canaries
Cette série de naufrages intervient dans un contexte de hausse des départs depuis les côtes africaines vers les Canaries. Selon l’OIM, cette route migratoire a connu une augmentation significative des traversées au cours des derniers mois. Les facteurs économiques, l’instabilité politique et les effets du changement climatique dans la région du Sahel poussent de nombreux migrants à tenter la traversée, malgré les risques élevés.
Le HCR a appelé les États à renforcer les voies de migration légales et à améliorer les capacités de recherche et de sauvetage en mer. L’agence onusienne insiste sur la nécessité d’une approche coordonnée entre les pays d’origine, de transit et de destination pour prévenir de nouveaux drames. Le défi humanitaire dans l’Atlantique nécessite, selon elle, une réponse collective et durable.
Un bilan migratoire alarmant dans l’Atlantique
La route atlantique vers les Canaries a connu une forte progression des arrivées depuis 2020. Selon les données du ministère espagnol de l’Intérieur, les arrivées de migrants dans l’archipel ont atteint des niveaux records ces dernières années, dépassant les 40 000 personnes en 2025. Le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc figurent parmi les principaux pays de départ.
L’Organisation internationale pour les migrations a recensé plus de 1 000 morts ou disparus sur cette même route atlantique depuis le début de l’année 2026. Ces chiffres, compilés par le projet Missing Migrants, ne reflètent qu’une partie des tragédies, de nombreux naufrages n’étant jamais signalés. Les familles des disparus restent souvent sans information pendant des mois.
Plusieurs organisations non gouvernementales ont réitéré leurs appels à la création de voies sécurisées et légales pour les migrants. Médecins sans frontières (MSF) et d’autres ONG présentes dans la région dénoncent régulièrement l’absence de moyens de sauvetage en mer adaptés à l’ampleur des traversées. Les opérations de patrouille maritimes restent limitées au regard des distances à couvrir.

