Belfast n’a pas connu de nouveaux heurts jeudi 11 juin au soir, après deux nuits de violences qualifiées de racistes par les autorités britanniques et nord-irlandaises. La police avait renforcé son dispositif, tandis que plusieurs rassemblements se sont dispersés dans le calme.

Selon l’AFP, reprise par Courrier international et La Presse, les violences ont commencé après une attaque au couteau survenue lundi 8 juin. Le suspect, Hadi Alodid, ressortissant soudanais de 30 ans, a été inculpé pour tentative de meurtre. La victime, Stephen Ogilvie, est hospitalisée et son état s’améliore, selon des informations relayées par les mêmes sources.
Les faits restent suivis comme une affaire judiciaire distincte des violences qui ont suivi. Franceinfo, citant l’AFP, précise que la police nord-irlandaise a écarté à ce stade la piste terroriste et que le motif de l’attaque reste incertain.
Des rassemblements dispersés sans incident jeudi soir
Jeudi soir, plusieurs groupes se sont réunis dans la capitale nord-irlandaise, mais aucun nouvel affrontement majeur n’a été signalé. La BBC a également rapporté que plusieurs rassemblements postérieurs aux troubles, notamment à Whiteabbey et sur Malone Road, s’étaient achevés pacifiquement.
La police nord-irlandaise, le PSNI, avait annoncé une réponse renforcée après les violences des nuits précédentes. Selon la BBC, des effectifs supplémentaires, des chiens de maintien de l’ordre et un canon à eau restaient mobilisables. Le retour au calme ne signifie donc pas la levée de la surveillance policière.
Douze policiers blessés et seize arrestations
Le bilan des incidents de mercredi soir fait état de 12 policiers blessés et de 16 arrestations, selon l’AFP et la BBC. Les affrontements se sont notamment produits à Glengormley, au nord de Belfast, et à Portadown. Des projectiles et des cocktails Molotov ont été lancés contre les forces de l’ordre, qui ont utilisé un canon à eau.
Les autorités dénoncent des violences racistes
Les autorités britanniques et nord-irlandaises ont qualifié les violences de racistes. Franceinfo rapporte que le premier ministre britannique Keir Starmer a condamné des personnes prises pour cible en raison de leurs origines. L’AFP rapporte de son côté que Downing Street a déclaré qu’il n’y avait pas de doute sur le caractère raciste des scènes observées.
La première ministre nord-irlandaise Michelle O’Neill a dénoncé du « pur racisme », selon l’AFP et la BBC. Le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Hilary Benn, a également évoqué des personnes « intimidées » et « chassées de chez elles » en raison de leur couleur de peau, d’après l’AFP.
Plusieurs sources relient l’extension des tensions à la diffusion de vidéos et d’appels sur les réseaux sociaux. L’AFP indique que des figures d’extrême droite ont relayé des appels à manifester. La BBC rapporte que la police a relevé une coordination importante en ligne, depuis l’Irlande du Nord et depuis l’extérieur.
Une situation encore suivie par la police
Les autorités n’ont pas annoncé la fin du dispositif de sécurité. La BBC rapporte que le PSNI a promis une réponse ferme en cas de nouveaux troubles. Le gouvernement britannique a aussi indiqué vouloir renforcer les obligations imposées aux plateformes numériques concernant les contenus illégaux en période de crise, selon l’AFP.
La prochaine étape judiciaire mentionnée par l’AFP concerne la comparution du suspect de l’attaque au couteau, prévue le 8 juillet. Les autorités poursuivent en parallèle les procédures liées aux violences commises à Belfast et dans d’autres localités d’Irlande du Nord.
