OpenAI renforce ses rangs avec deux recrutements de poids avant son introduction en Bourse : Noam Shazeer, co-auteur de l’article fondateur de l’IA générative, et Dean Ball, ancien conseiller de la Maison Blanche sur l’intelligence artificielle.
Noam Shazeer, vice-président de l’ingénierie chez Google et co-responsable des modèles Gemini, a annoncé mercredi 17 juin son départ pour OpenAI. Il avait rejoint Google en 2000 et n’avait quitté l’entreprise que pour fonder Character.AI, une startup spécialisée dans les agents conversationnels, rachetée deux ans plus tard par Google dans le cadre d’un partenariat valorisé à 2,7 milliards de dollars, selon TechCrunch.
Shazeer est l’un des co-auteurs de l’article « Attention Is All You Need », publié en 2017, qui a introduit l’architecture Transformer, fondement technique des grands modèles de langage comme ChatGPT, Gemini ou Claude. Ce recrutement illustre la compétition que se livrent les laboratoires d’IA pour attirer les talents les plus recherchés du secteur.
Un pionnier de l’IA générative
Avant son retour chez Google en août 2024, Shazeer avait cofondé Character.AI avec Daniel De Freitas après que Google eut refusé de développer le projet de chatbot qu’ils défendaient en interne. Character.AI est devenue l’une des startups d’IA les plus en vue, permettant aux utilisateurs de dialoguer avec des personnages virtuels.
Shazeer a confirmé son arrivée chez OpenAI dans une publication sur X : « Je suis heureux d’annoncer que je rejoins OpenAI et j’ai hâte de travailler avec l’équipe exceptionnelle qui s’y trouve. » Il a ajouté que la décision avait été « difficile », saluant le travail accompli chez Google. CNBC a rapporté que son départ intervient quelques semaines après la conférence Google I/O, où l’entreprise a dévoilé Gemini 3.5 Flash et l’agent IA Gemini Spark.
Un ex-conseiller de Trump pour la stratégie
OpenAI a également recruté Dean Ball, ancien responsable de la politique de l’IA à la Maison Blanche sous l’administration Trump. Ball avait contribué à la publication du plan d’action américain sur l’IA avant de retourner à la Foundation for American Innovation, un think tank techno-libertarien.
Ball prendra ses fonctions le 6 juillet à la tête d’une nouvelle équipe baptisée « Strategic Futures », directement rattachée au directeur de la stratégie Jason Kwon. Dans un billet de blog cité par TechCrunch, il a précisé que cette « petite équipe à haute capacité d’action » travaillerait sur le risque catastrophique, l’auto-amélioration récursive des systèmes, l’impact sur le marché du travail et les relations entre les laboratoires d’IA et les gouvernements.
« Presque par nécessité, les laboratoires d’IA devront prendre l’initiative sur les décisions de gouvernance de l’IA », a écrit Ball, soulignant que la gouvernance interne serait « plus centrale pour l’avenir de l’IA que la plupart des gens ne le réalisent ».
Ce double recrutement illustre la bataille que se livrent les géants de la tech pour attirer les chercheurs en intelligence artificielle. Selon CNBC, cette compétition pour les talents est devenue un front clé dans la rivalité entre les entreprises technologiques, les laboratoires multipliant les offres à sept chiffres pour sécuriser les profils les plus recherchés.
Un calendrier chargé pour OpenAI
Ces recrutements interviennent alors qu’OpenAI a déposé confidentiellement son dossier d’introduction en Bourse au début du mois de juin, selon CNBC. L’opération s’annonce comme l’une des plus attendues du secteur technologique.
Le mouvement de Shazeer et Ball s’inscrit dans un contexte de tensions entre l’administration Trump et le secteur de l’IA. Anthropic, concurrent direct d’OpenAI, fait face à une interdiction d’exportation imposée fin de la semaine dernière par le président Trump sur ses derniers modèles, Fable 5 et Mythos 5, contraignant l’entreprise à retirer ces systèmes pour éviter toute infraction, rapporte TechCrunch.
OpenAI n’a pas répondu aux demandes de commentaires de TechCrunch sur ces nominations.
