Bruno Retailleau a tenu samedi 20 juin son premier meeting de campagne pour l’election presidentielle de 2027 au Parc floral de Paris, devant 4 400 personnes. Le candidat des Republicains a promis de « remettre la France a l’endroit », entoure de Boualem Sansal et des cadres de son parti.
Un meeting sous la canicule
Sous une chaleur ecrasante, l’equipe de campagne du candidat avait installe une climatisation et distribue des verres d’eau a l’entree. « Merci d’avoir brave la canicule », a lance Bruno Retailleau, costume-cravate, en ouverture de son discours. Les 4 400 chaises installees dans la salle etaient globalement occupees. Quelques dizaines de militants bloques dans des trains en panne etaient absents, selon le recit de Franceinfo sur place. La temperature a Paris atteignait samedi 36 degres, dans le cadre d’un episode de canicule exceptionnel qui a place 35 departements en vigilance rouge par Meteo-France dimanche 21 juin.
Boualem Sansal, invite vedette
L’ecrivain franco-algerien Boualem Sansal, ami personnel du candidat, etait l’invite vedette du meeting. Il a pris la parole, vivement applaudi par l’assistance. Il a rappele que dans sa prison en Algerie, les detenus consideraient Bruno Retailleau comme « un heros parce qu’il s’opposait au regime algerien ». Boualem Sansal, qui vient de publier le recit de son emprisonnement, a lance « Retailleau de Beauvau a l’Elysee ! », selon les comptes rendus de presse. Sa presence a constitue un temps fort du rassemblement, l’ecrivain etant vu comme un symbole de la defense des libertes et de l’opposition au regime d’Alger.
Un large soutien des cadres LR, des absences remarquées
Valerie Pecresse, Michel Barnier, Francois Baroin et Gerard Larcher figuraient parmi les personnalites politiques presentes au premier rang. Le president du Senat, Gerard Larcher, a declare a Franceinfo : « L’enjeu de ce meeting pour Bruno Retailleau, c’est de voir qu’on le soutient. » Il a ajoute souhaitier une candidature unique de la droite et du centre a la presidentielle de 2027.
En revanche, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Jean-Francois Cope etaient absents, illustrant les divisions internes au parti Les Republicains. Plusieurs cadres du parti ont exprime leurs reserves sur la ligne droitiere du candidat, jugee trop marquee par certains. Un ministre LR du gouvernement, dont le parti a suspendu les membres participants a l’executif, a regrette aupres de Franceinfo que Retailleau « se laisse aller a l’outrance ».
Un programme ancré à droite
Dans son discours d’une heure environ, Bruno Retailleau a aborde l’immigration, la reforme de la justice et la refonte du modele social. Il a promis de « prendre une tronconneuse pour tailler dans les normes », une reference au president argentin Javier Milei. Il a rejete « l’assistanat » et promis de moins imposer les entreprises.
Le candidat s’est attaque au macronisme : « Apres dix ans d’En marche, plus rien ne marche », a-t-il martele depuis la tribune. Il a juge que LFI ne gagnerait pas l’election, estimant que « la nouvelle France, c’est la fin de la France ». Il a egalement critique les juges « qui deviennent des magistrats », promettant une justice « intraitable » avec des peines « pleinement appliquees ».
Une campagne sous contrainte des sondages
Bruno Retailleau recueille environ 10 % des intentions de vote dans les sondages, derriere Edouard Philippe et Gabriel Attal, egalement candidats declares du bloc central. « On a un socle, ce n’est pas rien. Ce n’est pas en debut de campagne que les des sont jetes », a tempere son entourage aupres de Franceinfo. Le candidat vendéen a promis d’aller « jusqu’au bout » de sa candidature et a predit « une enorme surprise ».
Dans un exercice plus personnel, Bruno Retailleau s’est presente comme « un enfant de la ruralite », affirmant ne pas avoir « grandi dans les belles avenues des beaux quartiers ». « Je ne pretendrai jamais a etre Jupiter. La France n’a pas besoin de surhomme, mais d’un homme sur », a-t-il conclu, sous les applaudissements. Un second meeting est attendu prochainement dans le cadre de la campagne presidentielle.
