L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a supprimé la subvention annuelle de 160 000 euros versée au Planning familial de Gironde. Soit le tiers du budget de l’association, qui alerte sur un risque de liquidation.
Mercredi 17 juin, le Planning familial de Gironde a appris que l’ARS Nouvelle-Aquitaine ne lui verserait pas sa subvention annuelle pour 2026. La somme de 160 000 euros représente environ 32 % des ressources de l’association, le reste provenant de l’État et des collectivités locales, selon Rue89Bordeaux. Contactée par le média bordelais, l’ARS n’a pas confirmé cette décision.
L’association dénonce, dans un communiqué publié vendredi 19 juin, une décision qui conduirait à la suppression de quatre postes sur 7,5 équivalents temps plein, « prélude à la liquidation de l’association ». Le Planning familial de Gironde emploie sept salariés et réalise la majeure partie de ses missions avec une équipe d’une trentaine de bénévoles, rapporte France 3 Régions.
Créé il y a soixante-dix ans, dont soixante dans le département, le Planning familial de Gironde assure des permanences dans huit lieux fixes et organise vingt et un accueils hors les murs. En 2025, l’association a reçu et accompagné 2 124 personnes et sensibilisé 972 élèves en milieu scolaire dans le cadre de séances d’éducation à la vie affective et sexuelle. En décembre 2025, la France a été condamnée par la justice pour ne pas avoir assuré cette éducation dans les écoles pendant plus de vingt ans, rappelle France 3 Régions.
En Gironde en 2024, le Planning familial a accueilli 483 femmes victimes de violences conjugales ou intrafamiliales. Selon le rapport 2024 de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles de Nouvelle-Aquitaine, la situation tend à se dégrader ces dernières années. Le CIDFF, autre acteur du secteur, affiche une augmentation de son activité dans le département de 21 % entre 2020 et 2025.
La suppression de la subvention de l’ARS intervient dans un contexte de tension budgétaire pour les associations de santé et de prévention en Nouvelle-Aquitaine. D’autres structures seraient également concernées par des coupes de l’agence régionale, selon le Planning familial.
L’association a lancé un appel à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pour obtenir le rétablissement immédiat de la subvention. Dans son communiqué, elle appelle les élus, les associations et les citoyens à se mobiliser. Un rassemblement est prévu le jeudi 25 juin devant les locaux de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. En 2024, l’agence régionale avait déjà tenté de réduire fortement son aide au Planning avant de faire machine arrière, selon Rue89Bordeaux.
Le Planning familial est une association loi 1901 reconnue d’utilité publique, créée en 1956 et agréée par le ministère de la Santé. Ses missions incluent l’information et la prévention en matière de sexualité, l’accès à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse, ainsi que l’accompagnement des victimes de violences sexistes et sexuelles. En France, plus de 200 000 femmes déclarent chaque année subir des violences, et moins de 20 % d’entre elles portent plainte, selon les données du ministère de l’Intérieur.
L’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, qui gère le budget de la politique de santé dans la région, n’avait pas répondu aux sollicitations de Rue89Bordeaux au moment de la publication de l’article. L’association espère que la mobilisation citoyenne et l’intervention de la ministre permettront de sauver les postes menacés et de maintenir ses missions de terrain, alors que les besoins en santé sexuelle et en accompagnement des victimes ne cessent d’augmenter dans le département. Le sort du Planning familial de Gironde illustre les difficultés financières auxquelles sont confrontées de nombreuses associations de santé et de prévention en France, dépendantes des subventions publiques pour assurer leurs missions de service auprès des publics les plus vulnérables.
