Un astéroïde d’environ un kilomètre de diamètre passera à proximité de la Terre le samedi 27 juin 2026, à une distance équivalant à 6,5 fois celle qui sépare notre planète de la Lune. Le phénomène sera observable avec de petits télescopes ou de bonnes jumelles, et ne présente aucun danger.
L’astéroïde, qualifié de « géocroiseur » par les astronomes, effectuera son passage au plus près de la Terre samedi. La distance de 6,5 distances lunaires correspond à environ 2,5 millions de kilomètres. À titre de comparaison, la Lune orbite à quelque 384 000 kilomètres de la Terre.
Selon les calculs des astronomes, il s’agit de l’approche la plus proche de cet objet céleste depuis près de 400 ans. La trajectoire a été modélisée avec précision et aucune correction n’est attendue d’ici le passage. Aucun risque de collision n’est à signaler : à cette distance, l’astéroïde ne présente aucun danger pour la planète ni pour les satellites en orbite.
Comment l’observer dans le ciel
Les astronomes amateurs pourront tenter d’apercevoir l’objet dans la nuit de samedi à dimanche. Un petit télescope, même d’entrée de gamme, ou des jumelles de bonne qualité seront nécessaires, l’astéroïde n’étant pas visible à l’œil nu en raison de sa distance et de sa magnitude apparente.
Les conditions d’observation dépendront de la météo locale et de la pollution lumineuse. Les observateurs situés dans des zones rurales, loin des grandes agglomérations, bénéficieront des meilleures conditions. Les clubs d’astronomie de plusieurs régions françaises ont d’ores et déjà annoncé des soirées d’observation pour l’occasion.
Pour localiser l’objet, les astronomes recommandent de se référer aux éphémérides publiées par les observatoires professionnels, qui fournissent les coordonnées célestes actualisées pour la nuit du 27 au 28 juin.

Un géocroiseur sous surveillance permanente
Les astéroïdes géocroiseurs font l’objet d’une surveillance constante de la part des agences spatiales, notamment la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA). Ces objets, dont l’orbite croise celle de la Terre, sont répertoriés dans des catalogues tenus à jour en permanence et leurs trajectoires sont recalculées à chaque nouvelle observation.
Celui qui passera samedi est connu des astronomes depuis plusieurs années, ce qui a permis d’affiner sa trajectoire avec une grande précision. Sa taille, estimée à environ un kilomètre de diamètre, en fait un objet d’intérêt scientifique mais sans danger immédiat. Les programmes de détection actuels permettent d’anticiper ces passages plusieurs années, voire plusieurs décennies à l’avance.
Les agences spatiales poursuivent leurs efforts de catalogage. À ce jour, plus de 30 000 géocroiseurs ont été identifiés dans le Système solaire, dont environ 2 300 sont classés comme « potentiellement dangereux » en raison de leur taille supérieure à 140 mètres et de leur proximité orbitale avec la Terre.
L’objet de samedi fait partie de cette dernière catégorie, mais sa trajectoire actuelle est parfaitement connue et ne présente aucun risque de collision avec la Terre, ni à court terme ni dans les décennies à venir. Les scientifiques rappellent que les passages de ce type sont des événements courants à l’échelle astronomique et constituent des opportunités précieuses pour l’étude de ces corps célestes.
La défense planétaire, une priorité scientifique
La surveillance des géocroiseurs s’inscrit dans les programmes de défense planétaire menés conjointement par la NASA et l’ESA. La mission DART de la NASA a démontré en 2022 la capacité à dévier la trajectoire d’un astéroïde par impact cinétique. L’ESA prépare actuellement la mission Hera, dont le lancement est prévu pour analyser les conséquences de cet impact sur l’astéroïde Dimorphos.
Ces programmes visent à développer les technologies nécessaires pour protéger la Terre face à une menace potentielle, même si aucun objet connu ne présente de risque de collision dans les décennies à venir. Le passage de samedi constitue donc davantage une opportunité d’observation scientifique qu’un sujet d’inquiétude.
