Un premier cas de maladie à virus Ebola a été identifié sur le territoire français, a annoncé mercredi 24 juin le ministère de la Santé. Le patient, un médecin humanitaire de retour de République démocratique du Congo (RDC), a été immédiatement placé en isolement à son arrivée à Paris.
Le ministère de la Santé a confirmé que le diagnostic a été posé sur un professionnel de santé travaillant pour l’ONG Alima, actuellement déployée en RDC pour lutter contre l’épidémie qui frappe le pays. Le patient est arrivé mardi à Paris en provenance de Kinshasa.
Un protocole d’isolement immédiat
Le médecin avait embarqué sans symptômes, à l’exception de maux de tête. Son état s’est « légèrement » dégradé pendant le trajet, selon une source proche du dossier citée par l’AFP. Dès son atterrissage, il a été pris en charge selon les procédures sanitaires en vigueur : isolement à l’aéroport, puis transfert vers un établissement hospitalier spécialisé équipé d’une chambre à double flux.
« Sa charge virale est très faible », a précisé le ministère, ajoutant que le patient se trouve dans « un état stable ». Les autorités sanitaires ont engagé l’identification des personnes ayant été en contact avec lui, en vue d’un possible isolement à domicile de trois semaines sous surveillance attentive.
Une épidémie préoccupante en RDC
La RDC fait face à une épidémie majeure. Selon les derniers chiffres officiels, 1 048 cas ont été recensés, dont 267 décès, soit un taux de létalité d’environ 25 %. La souche en cause, dite Bundibugyo, est une variante rare du virus contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié la situation d’urgence de santé publique et constatait mi-juin une accélération de la transmission malgré le renforcement des mesures de riposte. L’absence de vaccin, la présence de zones de conflit et la lenteur initiale du repérage du virus compliquent le contrôle de l’épidémie.
La France, premier pays hors d’Afrique touché
Il s’agit du premier cas d’Ebola diagnostiqué sur le territoire français dans le cadre de cette épidémie, et du premier pays hors d’Afrique à confirmer un cas. Des suspicions antérieures au Brésil et en Italie avaient été écartées ou non confirmées.
Lors de l’épidémie majeure qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest au milieu des années 2010, deux cas avaient été présents en France, mais uniquement après avoir été diagnostiqués à l’étranger. Des cas avaient également été recensés aux États-Unis et au Royaume-Uni, sans donner lieu à une propagation durable.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé « faible » le risque d’infection pour les résidents européens, et « très faible » pour la population générale européenne, a rappelé le ministère de la Santé.
Alima cherche à comprendre la contamination
L’ONG Alima a indiqué être en train d’examiner les circonstances de la contamination. « Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes », a assuré l’organisation dans un communiqué, tout en cherchant à « comprendre comment la contamination a pu avoir lieu ».
L’épidémie actuelle est la dix-septième à frapper la RDC, un pays régulièrement confronté à des flambées d’Ebola depuis la découverte du virus en 1976. La souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, est plus rare que la souche Zaïre, contre laquelle des vaccins ont été développés. L’absence d’outil de prévention spécifique pour cette variante constitue un obstacle majeur pour les équipes déployées sur le terrain.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré suivre la situation de « très près ». Les experts en santé publique estiment que le risque de transmission de l’épidémie reste faible à l’échelle mondiale, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola, qui se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée.
