Air France a annoncé vendredi 26 juin la suspension temporaire de ses vols entre Paris et Kinshasa, après l’identification d’un cas positif au virus Ebola sur un vol en provenance de la capitale congolaise le 23 juin. La reprise des liaisons est prévue samedi 27 juin.
Le cas concerne un médecin français revenant de mission humanitaire en République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit du premier diagnostic d’Ebola posé sur le territoire français. Le patient a été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable, selon le ministère de la Santé.
Le vol concerné, un Kinshasa – Paris-Charles de Gaulle, est arrivé dans la capitale française le lundi 23 juin. L’alerte a été donnée dans les jours suivants, après l’apparition de symptômes chez le médecin. Les autorités sanitaires ont alors déclenché le protocole de recherche des cas contacts, en remontant la liste des passagers ayant voyagé à bord de l’appareil.
« À la suite de l’identification d’un cas positif au virus Ebola ayant voyagé sur un vol Kinshasa – Paris-Charles de Gaulle arrivé le 23 juin 2026, les vols de et vers Kinshasa ont été temporairement suspendus avant une reprise prévue le samedi 27 juin », a précisé la compagnie dans un communiqué transmis à l’AFP.
Des contrôles renforcés à Kinshasa
Air France a indiqué qu’« en coordination avec les autorités locales, des contrôles sanitaires renforcés sont prévus avant l’embarquement à l’aéroport de Kinshasa ». L’appareil ayant effectué le vol concerné a été désinfecté et la liste des passagers transmise aux autorités sanitaires françaises.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé sur France 2 que le médecin était asymptomatique à son entrée dans l’avion. Cinq personnes identifiées comme cas contacts ont été placées en isolement à domicile pour une durée de vingt et un jours. « Dès qu’on a été alerté, on a regardé les personnes qui étaient assez proches de lui dans l’avion », a-t-elle déclaré.
Air France a souligné que « la santé et la sécurité de ses clients et membres d’équipage sont des impératifs absolus ». La compagnie a indiqué avoir procédé à la désinfection complète de l’appareil concerné et transmis l’intégralité du manifeste de vol aux autorités sanitaires françaises, conformément au protocole en vigueur pour les maladies à potentiel épidémique.
Une épidémie de grande ampleur en RDC
L’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC depuis la mi-mai a causé 304 décès, selon le dernier bilan des autorités sanitaires congolaises publié jeudi 25 juin. Au moins 1 115 personnes ont été contaminées, pour un taux de mortalité de 26,3 %. Il s’agit de la dix-septième épidémie d’Ebola de l’histoire du pays.
Le foyer de la crise sanitaire se situe dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays, à la frontière avec le Soudan du Sud et l’Ouganda. Ce dernier a recensé vingt cas, dont deux décès, sur son territoire. Les épidémiologistes estiment que le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint et que la crise pourrait durer entre six mois et un an.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités françaises ont tenu à rassurer sur le risque de propagation en Europe, écartant pour l’heure toute mesure de restriction des voyages. L’OMS a rappelé que le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne symptomatique, et non par voie aérienne, ce qui limite le risque de transmission lors d’un vol commercial.
La suspension des vols intervient alors que plusieurs pays africains ont renforcé leurs contrôles aux frontières face à la progression de l’épidémie. Air France, qui opère la liaison Paris-Kinshasa plusieurs fois par semaine, prévoit une reprise normale de ses opérations dès samedi, sous réserve de la validation des autorités sanitaires congolaises et françaises.
