Un vaste réseau de trafic de faux billets organisé sur les réseaux sociaux, reliant Naples à la France, a été mis au jour par les autorités françaises et italiennes.
Le trafic était approvisionné par des ateliers clandestins situés dans la région de Naples, bastion historique de la Camorra, la mafia napolitaine. Les faussaires produisaient des billets de 20, 50 et 100 euros d’une qualité « remarquable », selon une source proche de l’enquête citée par Le Monde et confirmée par France 24.
Les commandes étaient passées via des messageries cryptées et des groupes privés sur les réseaux sociaux. Les acheteurs français, principalement situés dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et la région parisienne, recevaient les faux billets par colis postaux ou par l’intermédiaire de passeurs empruntant les liaisons ferroviaires et aériennes entre l’Italie et la France.
Selon Midi Libre, qui a suivi l’enquête, le réseau avait des ramifications à Montpellier, Béziers et Sète. Les enquêteurs ont identifié plusieurs dizaines d’acheteurs réguliers en France, qui écoulaient les faux billets dans les commerces, les marchés et sur les sites de vente entre particuliers.
Des millions d’euros en circulation
Les perquisitions menées simultanément en France et en Italie ont permis la saisie de près de trois millions d’euros en fausse monnaie, a rapporté l’agence de presse italienne Agenzia Nova. L’usine clandestine découverte dans la banlieue de Naples disposait de presses d’impression professionnelles et de matériel de sécurisation contrefait.
Un ressortissant français a été interpellé en Italie dans le cadre de cette opération, a indiqué Le Figaro. Plusieurs arrestations ont également eu lieu en France, où les mis en cause ont été présentés à un juge d’instruction.
La Banque centrale européenne (BCE) a recensé une hausse des cas de fausse monnaie en euros au premier semestre 2026, selon des chiffres rapportés par Le Figaro.
Un modèle économique inspiré du trafic de drogue
Selon France 24, les faussaires utilisaient un modèle économique calqué sur celui des réseaux de stupéfiants : production centralisée à Naples, réseau de grossistes, puis distribution au détail via des revendeurs locaux. Les transactions étaient réglées en cryptomonnaies, ce qui compliquait le travail de traçage des enquêteurs franco-italiens.
L’affaire a été rendue publique après plusieurs mois d’enquête menée par l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) et la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), en coordination avec la Guardia di Finanza italienne.
Des milliers de billets écoulés en France
Les enquêteurs estiment que plusieurs millions d’euros de faux billets ont été écoulés en France depuis le début de l’année 2026. L’enquête, menée par la police judiciaire française en collaboration avec la Guardia di Finanza italienne, se poursuit pour identifier d’autres acheteurs et saisir les fonds restants en circulation.
Le parquet de Paris, qui coordonne les poursuites, a ouvert une information judiciaire pour contrefaçon de monnaie, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée.
