Santé Publique France a recensé environ 1 000 décès supplémentaires par rapport à la normale depuis le mercredi 24 juin, en lien avec l’épisode de canicule qui touche le pays. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont les principales victimes de cette vague de chaleur.
L’agence sanitaire a publié ce premier bilan dimanche 28 juin, alors que l’épisode de forte chaleur entame sa phase de repli. Deux départements d’Alsace restent en vigilance rouge canicule, selon Météo-France. Cinquante autres départements sont maintenus en vigilance orange, un niveau qui reste élevé.
Les températures ont dépassé les 40 °C dans le Sud du pays et atteint 39 °C à Paris en milieu de semaine. L’épisode a été qualifié de « très intense et étendu » par les autorités météorologiques. Des records mensuels ont été battus dans plusieurs villes, notamment à Lyon, Bordeaux et Toulouse.
Les services d’urgence ont constaté une hausse significative des passages aux urgences pour hyperthermie, déshydratation et coup de chaleur, en particulier parmi les publics vulnérables. Plusieurs décès liés directement à la chaleur ont été signalés dans différentes régions, dont celui d’un bébé retrouvé dans une voiture à Carpentras, dans le Vaucluse, et deux enfants morts dans des circonstances similaires.
Le plan blanc a été déclenché dans les hôpitaux des départements les plus touchés, permettant le rappel de personnels supplémentaires et le déprogrammation d’opérations non urgentes. Les Ehpad ont activé leurs procédures de rafraîchissement et d’hydratation renforcée pour les résidents.
Le bilan provisoire de Santé Publique France compare les décès observés à la moyenne attendue pour la période. L’écart statistique d’environ 1 000 décès supplémentaires est calculé à partir des remontées de l’état civil, qui accusent un délai de plusieurs jours. L’agence prévient que le bilan pourrait s’alourdir dans les prochains jours, à mesure que les données complètes remonteront des communes. Les surmortalités les plus marquées concernent les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie.
À titre de comparaison, la canicule d’août 2003 avait causé près de 15 000 décès en France sur l’ensemble de l’épisode. Celle de juin 2026, bien que très intense, semble pour l’instant moins meurtrière, en partie grâce aux systèmes d’alerte et aux mesures de prévention déployées depuis 2004.
Hors du secteur sanitaire, l’épisode de chaleur a eu des conséquences sur l’agriculture et les élevages. En Sarthe, la préfecture a autorisé l’enfouissement d’urgence des volailles mortes à cause des températures extrêmes. Plusieurs filières agricoles, notamment l’arboriculture et l’élevage avicole, font état de pertes importantes. Les vendanges pourraient débuter avec plusieurs semaines d’avance dans le Sud de la France.
Sur le plan énergétique, le gestionnaire du réseau électrique RTE a fait état d’une consommation en hausse, liée à l’usage massif de climatiseurs et de ventilateurs, sans déclencher d’alerte sur la capacité du réseau. EDF a maintenu la production de ses centrales nucléaires, dont plusieurs étaient à l’arrêt pour maintenance programmée.
À partir de dimanche, des orages accompagnés de fortes rafales de vent, d’une activité électrique marquée et de chutes de grêle prennent le relais de la canicule sur une large moitié nord du territoire, selon Météo-France. Une dizaine de départements ont été placés en vigilance orange pour orages violents, avec des risques de ruissellement sur des sols durcis par la sécheresse. La baisse des températures est attendue à partir de lundi sur l’ensemble du pays.
L’épisode caniculaire de juin 2026 intervient après un printemps déjà plus chaud que la normale, avec des températures moyennes supérieures de 1,5 °C aux moyennes saisonnières, selon Météo-France. Les climatologues attribuent cette intensification des vagues de chaleur au réchauffement climatique en cours. Plusieurs pays européens, dont l’Espagne, l’Italie et la Grèce, sont également confrontés à des températures record.
