Sam Altman, le PDG d’OpenAI, a proposé de céder 5 % du capital de l’entreprise à un fonds souverain américain, selon une information du Financial Times publiée le 2 juillet 2026. Les discussions, qualifiées de préliminaires, viseraient à apaiser les tensions politiques croissantes autour de l’industrie de l’intelligence artificielle.
D’après le quotidien financier britannique, qui cite deux personnes proches du dossier, la proposition consisterait à transférer une partie des actions d’OpenAI à un fonds public. L’objectif serait de « garantir de bonnes relations avec l’administration et de répondre aux critiques politiques », selon les termes rapportés par le Financial Times.
L’idée n’est pas nouvelle. En juin, la chaîne CNBC avait déjà fait état de discussions similaires, confirmées par le président Donald Trump lui-même. Ce dernier avait alors évoqué des « concepts où des parts pourraient être données au public américain, le public américain devenant un partenaire des entreprises ».
À l’époque, aucune précision n’avait été fournie sur la taille de la participation envisagée. La proposition actuelle fixe ce seuil à 5 %, un montant qui représenterait environ 42 milliards de dollars sur la base des valorisations récentes d’OpenAI.
Une proposition qui s’inscrit dans un débat plus large
Sam Altman défend publiquement l’idée d’un fonds public dédié à l’IA depuis plusieurs mois. En avril 2026, OpenAI avait publié un document d’orientation intitulé « Industrial Policy for the Intelligence Age », qui proposait la création d’un fonds souverain capable d’investir directement dans les laboratoires d’IA et les entreprises déployant ces technologies.
« Les rendements du fonds pourraient être distribués directement aux citoyens, permettant à davantage de personnes de participer directement aux bénéfices de la croissance tirée par l’IA, indépendamment de leur richesse initiale ou de leur accès au capital », détaillait le document.
Le projet de loi Sanders, une alternative plus radicale
La proposition d’OpenAI intervient dans un contexte de pression législative croissante. En juin, le sénateur Bernie Sanders a déposé un projet de loi baptisé « American AI Sovereign Wealth Fund Act », qui prévoit une taxation unique de 50 % des actions des entreprises d’IA considérées comme « systémiquement importantes ».
Ce texte, qui n’a pas encore été examiné en commission, s’appliquerait à l’ensemble des acteurs du secteur, y compris ceux dont l’IA ne constitue qu’une partie de l’activité, à l’image de Google ou SpaceX. Les entreprises concernées pourraient toutefois scinder leurs activités non liées à l’IA pour éviter la taxation.
Selon le Financial Times, toute initiative formelle de cession de capital d’OpenAI à un fonds public nécessiterait une approbation du Congrès américain, ce qui compliquerait considérablement le processus. Les discussions en sont pour l’instant au stade exploratoire.
Un contexte de pression réglementaire croissante
Cette proposition intervient alors qu’OpenAI prépare une introduction en Bourse, scrutée de près par les régulateurs. L’entreprise, valorisée aux alentours de 850 milliards de dollars selon les estimations récentes, fait face à un examen politique de plus en plus intense à Washington. La proposition de Sam Altman viserait également à inciter d’autres grandes entreprises d’IA à contribuer à un tel fonds, selon les sources du Financial Times.
Le débat dépasse le seul cas d’OpenAI. La question de la redistribution des bénéfices de l’intelligence artificielle à l’ensemble de la population est devenue un enjeu politique majeur aux États-Unis, dans un contexte où le secteur concentre des valorisations records et suscite des inquiétudes sur les inégalités économiques.
