Le feu qui s’est déclaré le 3 juillet près de la Costa Brava, dans le nord-est de l’Espagne, a parcouru plus de 2 000 hectares de végétation avant d’être stabilisé dans la soirée du 4 juillet. Sept communes restent confinées, a annoncé la protection civile catalane.
Parti vendredi aux abords de La Bisbal d’Empordà, à une vingtaine de kilomètres de la côte méditerranéenne et non loin de Gérone, l’incendie a progressé rapidement sous l’effet du vent, ravageant une partie de l’espace naturel protégé des Gavarres. Ce massif forestier, classé pour sa biodiversité, abrite des espèces protégées de faune et de flore méditerranéennes. Le parc naturel, qui s’étend sur près de 28 000 hectares entre le Baix Empordà et le Gironès, constitue l’un des poumons verts de la région. Selon les pompiers catalans, environ 2 200 hectares de végétation, essentiellement forestière, ont été affectés par les flammes.
Près de 400 soldats du feu, appuyés par dix équipes aériennes, ont été mobilisés pour contenir les flammes. Dans un communiqué diffusé le 4 juillet, les services de secours ont indiqué avoir « stabilisé pendant la nuit près de 70 % du flanc droit de l’incendie » et maintenir « l’objectif de le consolider avant le changement de vent prévu pour ce midi ».
D’après les premières constatations, le départ de feu serait dû à une négligence. Aucun blessé n’est à déplorer parmi la population et les personnels engagés. Les autorités maintiennent le confinement des habitants dans sept communes situées à proximité immédiate du périmètre touché, invitant la population à éviter tout déplacement dans la zone.
« La priorité reste la protection de la population. Lorsque les citoyens restent confinés, ils sont plus en sécurité. Toute personne qui se trouverait dehors s’expose à un risque inutile », a déclaré David Borrell, chef des pompiers catalans.
Les conditions météorologiques ont contribué à la propagation rapide du sinistre. La Catalogne connaît depuis plusieurs jours des températures élevées et des rafales de vent qui compliquent le travail des équipes au sol. Les pompiers redoutaient samedi un changement de vent en milieu de journée, susceptible de relancer la progression du feu sur le flanc déjà stabilisé.
Les moyens aériens, comprenant des avions bombardiers d’eau et des hélicoptères, ont joué un rôle déterminant dans le ralentissement du front de flammes. Les largages se sont concentrés sur les zones les plus inaccessibles du massif des Gavarres, où la topographie escarpée rendait difficiles les interventions des équipes terrestres.
L’incendie est survenu en plein début de saison touristique sur la Costa Brava, l’une des principales destinations balnéaires de Catalogne. La Generalitat a appelé les vacanciers à reporter leurs séjours dans le secteur touché et à consulter les canaux officiels avant tout déplacement vers les communes concernées. Les autorités surveillent attentivement l’évolution du feu, dont les conséquences sur l’écosystème protégé des Gavarres pourraient être durables.
Cet épisode survient alors que le gouvernement espagnol a renforcé son dispositif de lutte contre les feux de forêt pour l’été 2026, en augmentant les effectifs et en déployant des moyens aériens supplémentaires dans les zones les plus exposées. La sécheresse persistante et les températures très anormalement élevées enregistrées au cours du printemps font craindre aux autorités une multiplication des départs de feu au cours des prochaines semaines.
L’Espagne, en première ligne du changement climatique en Europe, avait déjà connu à l’été 2025 des incendies d’une ampleur historique, avec près de 393 000 hectares ravagés par les flammes selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS). La précocité de cet incendie, début juillet, ravive les craintes d’une saison estivale encore éprouvante pour la péninsule ibérique.
