L’application de réservation de voyages Hopper a accepté de payer 35 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites de la Federal Trade Commission (FTC), qui lui reprochait d’avoir utilisé des interfaces trompeuses pour facturer des frais cachés à ses utilisateurs.
La FTC a indiqué que Hopper avait conçu son application de manière à amener les consommateurs à payer des frais sans consentement explicite. Selon le régulateur américain, les frais dits de « Tip » et de « VIP Support » étaient présentés comme optionnels mais souvent présélectionnés et dissimulés dans l’interface. Ils n’étaient visibles qu’en faisant défiler l’écran, ce qui constitue une pratique qualifiée de « dark pattern » par les autorités.
Des services aux promesses floues
L’enquête a également porté sur le service « Price Freeze » ou « Hold the Room », par lequel Hopper prétendait permettre aux consommateurs de bloquer le prix de leur réservation pour une période donnée. La FTC a estimé que l’application n’avait pas clairement communiqué les restrictions associées. Le gel du prix ne s’appliquait que jusqu’à un certain montant et uniquement si la réservation restait disponible, des limites que les utilisateurs découvraient souvent au moment de finaliser leur achat.
Selon les termes de l’accord, le montant de 35 millions de dollars sera utilisé pour indemniser les consommateurs lésés. Hopper est désormais tenue d’afficher clairement l’ensemble de ses frais et de garantir que les utilisateurs connaissent le coût total avant de valider une transaction. La société a également interdiction de déformer ses structures de prix à l’avenir.
Des pratiques de l’ère pandémique, selon Hopper
Interrogée par TechCrunch, la société a déclaré avoir accepté de transiger pour éviter une procédure longue et coûteuse. « Les pratiques incriminées sont obsolètes et n’ont aucun rapport avec notre activité actuelle », a affirmé un porte-parole. « Elles concernent des affichages datant de la pandémie, limités à l’application Hopper, et ont été supprimées depuis le milieu de l’année 2023, avant même le début de l’enquête de la FTC. Le montant de l’accord ne reflète pas le bien-fondé des accusations mais notre décision d’avancer. »
Une répression ciblée des frais cachés
Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites de la FTC contre ce qu’elle appelle les « junk fees ». En juin, la plateforme de revente de billets StubHub avait accepté de payer 10 millions de dollars pour des pratiques similaires. Le groupe Booking Holdings avait également versé 9,5 millions de dollars au Texas pour des frais d’hôtel non divulgués, après une action du procureur général de l’État, Ken Paxton. Ces dossiers illustrent une montée en puissance des régulateurs américains contre les frais dissimulés dans les applications grand public.
Fondée en 2014 et spécialisée dans la prédiction des prix des vols et hôtels par intelligence artificielle, Hopper revendiquait plus de 120 millions de téléchargements cumulés dans le monde en 2024. L’application est particulièrement populaire auprès des jeunes voyageurs à la recherche de bons plans. La transparence imposée par cet accord pourrait modifier son modèle d’affichage des prix à l’échelle mondiale.
