L’entreprise japonaise Go, opérateur de la plus grande application de réservation de taxis du pays, a levé 88,6 milliards de yens (553 millions de dollars) lors de son introduction à la Bourse de Tokyo, la plus importante de l’année 2026 au Japon.
L’action Go a bondi de 21 % lors de sa première journée de cotation mardi, selon les données de marché. L’opération a attiré des investisseurs institutionnels tels que BlackRock, Wellington Management et M&G Investment Management.
Un marché japonais atone, une introduction remarquée
L’introduction de Go intervient dans un contexte de ralentissement des cotations au Japon. Le gouvernement nippon a récemment encouragé les jeunes pousses à se vendre plutôt qu’à entrer en Bourse, une dynamique qui a réduit le nombre de nouvelles introductions.
Un porte-parole de Go a déclaré à TechCrunch que la société prévoit d’utiliser les fonds levés pour investir dans la recherche et le développement liés aux robotaxis ainsi que dans des fusions et acquisitions, à l’intérieur comme à l’extérieur du secteur des taxis.
Un partenariat avec Waymo pour les taxis autonomes
Go s’est associé à Waymo, la filiale de conduite autonome d’Alphabet, ainsi qu’à Nihon Kotsu, l’un des plus grands opérateurs de taxis japonais. Go est responsable de la coordination stratégique de ce partenariat, selon le porte-parole. La société prévoit de commencer la conduite entièrement autonome sans opérateur humain après validation technologique et obtention des autorisations réglementaires. Aucun calendrier n’a été fixé pour des opérations sans conducteur.
Cette ambition est portée par une pénurie structurelle de chauffeurs au Japon. Le nombre de conducteurs de taxi a chuté d’environ 20 % ces dernières années, selon un rapport citant le ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme. Le vieillissement de la population rend un redressement de ce chiffre improbable.
Une position dominante sur le marché japonais
Fondée en 1977 en tant qu’opérateur de taxis, Go revendique aujourd’hui 35 millions de téléchargements de son application, 85 000 véhicules partenaires et une part de marché de 80 % des applications de taxi au Japon en temps d’utilisation. Le service couvre 46 des 47 préfectures du pays.
En attendant les robotaxis, Go développe des partenariats internationaux pour renforcer son activité traditionnelle. L’entreprise a conclu des accords avec Kakao T, Alipay et WeChat Pay, permettant aux voyageurs en provenance de Corée du Sud, de Chine et de Taïwan de commander des taxis affiliés à Go directement depuis leurs applications locales.
Go n’est pas seul sur le créneau des taxis autonomes à Tokyo. En mars 2026, Uber, Wayve et Nissan ont annoncé un projet pilote de robotaxis dans la capitale japonaise prévu pour la fin de l’année. Ce service utilisera des véhicules électriques Nissan Leaf équipés du système de conduite autonome de Wayve, réservables via l’application Uber. Uber s’est également allié à S.Ride pour permettre aux visiteurs internationaux de réserver des courses. Didi Mobility Japan, une coentreprise entre SoftBank et Didi Chuxing, propose un dispositif similaire.
L’introduction de Go constitue un test pour un marché boursier japonais en quête de nouveaux catalyseurs. Sa capitalisation et l’orientation de ses investissements vers la mobilité autonome seront suivies par les investisseurs internationaux dans les mois à venir.
