Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a été reconduit dans ses fonctions dimanche 5 juillet à l’issue du 40e congrès du PCF à Lille. Il a récolté 70,1 % des voix, selon les résultats annoncés par le parti.
Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a été réélu sans suspense au dernier jour du congrès lillois. Quelque 70,1 % des délégués ont approuvé sa candidature à la tête du parti à l’issue d’un scrutin interne, a annoncé le PCF. Le résultat conforte sa position alors que le parti se prépare pour l’élection présidentielle de 2027, la première depuis la réélection d’Emmanuel Macron en 2022.
Les militants communistes ont décidé qu’ils présenteraient un candidat en 2027, sans passer par une primaire. « Nous posons le principe d’une candidature à l’élection présidentielle portant un projet de rupture avec dix ans d’Emmanuel Macron et permettant de rassembler largement », avait déclaré Fabien Roussel en avril sur France Inter, sans confirmer à ce moment-là qu’il serait lui-même candidat. La formulation laisse toutefois peu de place au doute : le député du Nord devrait être le candidat du PCF en 2027, comme il l’avait été en 2022.
Cette réélection intervient malgré le score de 2,28 % obtenu par Fabien Roussel au premier tour de l’élection présidentielle de 2022. Le secrétaire national du PCF fait également face aux critiques de La France insoumise, qui s’inquiète de la multiplication des candidatures à gauche en vue de 2027. Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (EELV) et Fabien Roussel lui-même sont autant de candidats potentiels à gauche, un émiettement qui suscite des craintes de dispersion des voix à gauche, un scénario qui avait déjà profité au camp présidentiel en 2022.
Député du Nord et maire de Saint-Amand-les-Eaux depuis janvier 2025, Fabien Roussel dirige le PCF depuis 2018. Le 40e congrès du parti à Lille, qui s’est tenu du vendredi 3 au dimanche 5 juillet, a été l’occasion de débattre de la ligne politique du parti dans un contexte de recomposition de la gauche française. Le congrès a également vu le rejet de la « clause de revoyure » pour 2027, qui aurait permis au parti de reconsidérer sa stratégie présidentielle en fonction de l’évolution du rapport de forces à gauche. Cette décision conforte la ligne de Fabien Roussel, favorable à une candidature communiste autonome plutôt qu’à un ralliement à un candidat unique dès le premier tour, une position qui a recueilli l’approbation de la majorité des délégués.
La question d’une union des forces de gauche pour 2027 reste ouverte. Le PCF, qui dispose d’un réseau d’élus locaux et d’une base militante encore active, entend peser dans le débat politique national malgré un recul électoral continu depuis les années 1980. Le parti revendique encore près de 50 000 adhérents environ et près de 1 500 maires, ce qui en fait un acteur non négligeable du paysage politique français. Les communistes ont perdu leur groupe parlementaire autonome à l’Assemblée nationale en 2022, leurs députés siégeant au sein du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Le parti conserve toutefois une présence dans plusieurs départements, notamment le Nord, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
Le PCF traverse une période de redéfinition stratégique. Entre alliance avec les autres forces de gauche et maintien d’une candidature autonome, le parti cherche la formule qui lui permettra de peser dans le débat national tout en préservant son identité politique. Le résultat de la présidentielle de 2027 dira si le choix de l’autonomie, porté par Fabien Roussel, portera ses fruits ou si le parti devra repenser sa stratégie à plus long terme, en fonction des résultats électoraux à venir.
