Les autorités sud-coréennes ont activé pour la première fois le niveau d’alerte maximal pour chaleur extrême, alors que le mercure dépasse les 38 °C dans plusieurs régions du pays.
Un seuil inédit depuis 2020
La Corée du Sud a déclenché dimanche 12 juillet sa première alerte maximale pour canicule, a annoncé l’Agence météorologique sud-coréenne (KMA). Ce niveau d’alerte, le plus élevé sur une échelle de quatre, n’avait jamais été activé depuis la mise en place du système en 2020. L’alerte a été déclenchée à 11 heures locales, après que les températures maximales ressenties ont atteint des niveaux records dans la capitale Séoul et dans plusieurs provinces du sud du pays.
Le seuil de déclenchement est atteint lorsque les températures maximales ressenties dépassent 38 °C pendant au moins deux jours consécutifs dans au moins 10 % des stations de mesure du pays. Selon les médias locaux, Séoul a enregistré dimanche une température de 39 °C, un record pour un mois de juillet. Des pointes à 40 °C ont été relevées dans les provinces du Gyeongsang du Nord et du Jeolla du Sud, selon l’agence de presse Yonhap. Les autorités météorologiques prévoient des températures élevées jusqu’à mercredi au moins.
Cette canicule survient alors que la péninsule coréenne connaît un été particulièrement chaud. Le mois de juin 2026 a déjà été le plus chaud jamais enregistré en Corée du Sud depuis le début des relevés météorologiques en 1973, avec une température moyenne supérieure de 2,8 °C à la normale saisonnière.
Des mesures d’urgence déployées
Face à cette vague de chaleur exceptionnelle, les autorités sud-coréennes ont multiplié les mesures d’urgence. Des centres de rafraîchissement ont été ouverts dans les espaces publics, notamment dans les gares, les centres commerciaux et les mairies de l’ensemble du territoire. La ville de Séoul a activé 3 200 de ces espaces climatisés accessibles à tous.
Le ministère de la Santé a activé son dispositif d’urgence, avec un renforcement des équipes mobiles de soins dans les quartiers les plus exposés. Des consignes de restriction des activités en extérieur ont été émises pour les personnes âgées, les enfants et les travailleurs en extérieur, notamment sur les chantiers de construction et dans l’agriculture. Les autorités locales ont également suspendu les marchés de plein air et les événements sportifs prévus dans l’après-midi.
Les services de secours ont rapporté une augmentation significative des appels pour malaises liés à la chaleur. Selon l’Agence nationale des urgences, au moins 15 personnes ont été hospitalisées pour des coups de chaleur depuis samedi, sans qu’aucun décès direct lié à la canicule n’ait été signalé à ce stade.
Un phénomène régional
Cet épisode de chaleur extrême s’inscrit dans un contexte de canicule plus large touchant l’Asie de l’Est. Plusieurs régions du Japon et de la Chine connaissent également des températures anormalement élevées. L’Agence météorologique japonaise a placé 23 des 47 préfectures du pays sous vigilance canicule, tandis que la Chine a émis des alertes orange dans les provinces du Zhejiang, du Jiangsu et du Fujian.
La Corée du Sud, confrontée à des étés de plus en plus chauds, a renforcé son système d’alerte météo face à la multiplication des épisodes caniculaires liés au changement climatique, a rapporté Ouest-France. Les scientifiques sud-coréens anticipent une augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces phénomènes dans les années à venir. Le Korea Environment Institute a estimé que les vagues de chaleur pourraient causer des pertes économiques annuelles de 1,2 milliard de dollars d’ici 2030 si aucune mesure d’adaptation n’est prise.
Précédents mondiaux
L’été 2026 est déjà marqué par plusieurs vagues de chaleur meurtrières à travers le monde. En Europe, la France a connu des températures records en juin, avec 37 départements placés en vigilance rouge et des pointes à plus de 40 °C. Aux États-Unis, 44 millions d’Américains étaient sous alerte canicule ce week-end, avec des températures proches de 43 °C dans plusieurs États du Sud et de l’Ouest.
Les climatologues sud-coréens estiment que Séoul pourrait connaître jusqu’à 25 jours par an au-dessus de 35 °C d’ici 2050, contre une moyenne de 8 jours actuellement, si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites. Selon l’Organisation météorologique mondiale, l’Asie est le continent qui s’est réchauffé le plus rapidement depuis trente ans.
