Un tribunal sud-coréen a condamné vendredi 26 juin Kim Keon-hee, ex-première dame de Corée du Sud, à sept ans de prison supplémentaires pour corruption et trafic d’influence.
Kim Keon-hee, épouse de l’ancien président destitué Yoon Suk Yeol, a été reconnue coupable d’avoir accepté des objets de grande valeur en échange de faveurs dans le cadre de nominations à des postes. Selon le verdict du tribunal central de district de Séoul, elle « a accepté sans hésitation des objets de valeur qu’un citoyen lambda aurait du mal à se procurer ne serait-ce qu’une seule fois dans sa vie ».
Elle purgeait déjà une peine de quatre ans de prison pour manipulation boursière et corruption, alourdie en avril après une condamnation à vingt mois en première instance en janvier. Cette nouvelle peine porte sa durée d’incarcération totale à onze ans.
Les faits reprochés portent sur l’acceptation de bijoux d’une valeur totale de 103 millions de wons (environ 59 000 euros). Parmi ces objets figurent un collier Van Cleef & Arpels, une broche Tiffany & Co. et des boucles d’oreilles Graff, offerts par un magnat du bâtiment en 2022. En échange, Kim Keon-hee avait proposé d’obtenir un poste pour le gendre de ce dernier.
Elle aurait également accepté une figurine de tortue en or d’une valeur de 2,65 millions de wons (plus de 1 500 euros) de la part d’un homme politique, ainsi qu’une montre Vacheron Constantin d’une valeur de 39 millions de wons (environ 22 200 euros).
Lors de la dernière audience, le 15 mai, le parquet avait requis une peine de sept ans et six mois de prison pour « trafic d’influence et de faveurs ». Kim Keon-hee a été accusée d’avoir accepté à plusieurs reprises de l’argent et des objets de valeur en tirant parti de son statut d’épouse du président.
Son mari, Yoon Suk Yeol, a été destitué et condamné à trente ans de prison pour insurrection après sa tentative d’imposer la loi martiale en décembre 2024. L’ancien président avait déclaré la loi martiale le 3 décembre 2024, une décision qui avait plongé le pays dans une grave crise politique et conduit à sa destitution par l’Assemblée nationale le 14 décembre. La Cour constitutionnelle avait confirmé sa destitution en avril 2025.
Kim Keon-hee s’était fait connaître pour son combat en faveur de l’interdiction de la viande de chien en Corée du Sud. Sa précédente condamnation pour corruption était liée à l’acceptation de deux sacs à main Chanel et d’un collier Graff de la part de l’Église de l’Unification, aussi connue sous le nom de secte Moon. Dans cette affaire, elle avait été condamnée à vingt mois de prison en janvier 2026, peine alourdie à quatre ans en appel en avril.
Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte de vaste mouvement de lutte contre la corruption en Corée du Sud. Le pays a connu ces dernières années plusieurs procès retentissants impliquant d’anciens présidents et leurs proches. L’ancienne présidente Park Geun-hye avait été destituée en 2017 et condamnée à vingt-quatre ans de prison dans le scandale de corruption qui avait ébranlé la classe politique sud-coréenne. Plus récemment, l’ex-président Yoon Suk Yeol a lui aussi été condamné à trente ans de prison pour insurrection.
Le verdict de vendredi est susceptible d’appel. Kim Keon-hee, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, devra se présenter à l’administration pénitentiaire dans les délais fixés par le tribunal. Les avocats de l’ancienne première dame ont annoncé leur intention de faire appel de cette décision, estimant que les éléments présentés par l’accusation ne constituent pas des preuves suffisantes de trafic d’influence. L’affaire pourrait donc connaître de nouveaux développements dans les mois à venir devant la cour d’appel de Séoul.
