David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a annoncé dimanche 28 juin la convocation d’un comité d’alerte des finances publiques le 7 juillet. Le gouvernement prévoit de nouvelles économies pour faire face à une situation budgétaire qu’il juge préoccupante.
Un comité d’alerte convoqué le 7 juillet
Invité de l’émission « Questions politiques » sur France Inter, David Amiel a indiqué que le comité d’alerte des finances publiques se réunira le 7 juillet à Bercy. Cette instance, prévue par la loi de programmation des finances publiques, est chargée d’émettre un avis sur la trajectoire budgétaire et de signaler d’éventuels dérapages. Le ministre a déclaré que « la situation des finances publiques est grave », évoquant un contexte marqué par l’augmentation des dépenses liées aux crises récentes. Il a précisé que ce comité, créé par la loi organique de 2012, n’avait pas été réuni depuis plusieurs années et que sa convocation témoignait de l’urgence de la situation budgétaire.
Cette réunion intervient alors que le gouvernement prépare le budget 2027. Plusieurs médias, dont La Tribune et Sud Ouest, confirment que le comité sera saisi pour évaluer l’ampleur des ajustements nécessaires. La procédure est encadrée par la loi organique relative aux lois de finances, qui prévoit que le comité peut être saisi à tout moment par le ministre chargé des finances.
Des économies supplémentaires attendues
Le ministre a indiqué que des coupes budgétaires sont envisagées pour respecter la trajectoire de réduction du déficit public. Selon Le Parisien, qui évoquait dès vendredi 26 juin la tenue de cette réunion, le verdict sur les coupes budgétaires de 2026 sera rendu le 7 juillet. Le gouvernement avait déjà procédé à des gels de crédits et des annulations de dépenses plus tôt dans l’année, dans un contexte de croissance atone et de tensions géopolitiques.
David Amiel a estimé que l’État devait faire des choix, sans préciser le montant total des économies envisagées. Selon La Tribune, ces nouvelles mesures pourraient s’ajouter aux ajustements déjà réalisés depuis le début de l’année, qui représentaient plusieurs milliards d’euros. Le ministre a appelé à « choisir ce à quoi on renonce », une formule reprise par plusieurs médias dont Libération. Bercy prépare la facture des crises récentes, notamment le conflit au Moyen-Orient qui a pesé sur les finances publiques françaises et a contraint le gouvernement à revoir ses prévisions de croissance à la baisse. La fermeture partielle du détroit d’Ormuz a entraîné une hausse des prix de l’énergie, accentuant les difficultés budgétaires de l’État.
Un contexte budgétaire sous tension
La convocation du comité d’alerte s’inscrit dans un contexte de tensions sur les finances publiques françaises. La dette publique continue de progresser et le déficit devrait dépasser les prévisions initiales, sous l’effet de la conjoncture économique et des dépenses liées aux crises internationales. Le ministre des Comptes publics a souligné que la France devait « retrouver des marges de manœuvre budgétaires » pour faire face aux défis à venir.
Le comité d’alerte est composé de personnalités indépendantes nommées par la loi. Son avis, attendu après la réunion du 7 juillet, servira de base aux arbitrages budgétaires du gouvernement pour les mois à venir. La préparation du budget 2027, qui doit être présenté à l’automne, sera l’enjeu principal de cette procédure. Le ministre a confirmé que des arbitrages seraient rendus dans les semaines suivant l’avis du comité, dans le cadre de la construction du prochain projet de loi de finances. Le Haut Conseil des finances publiques, autre instance indépendante, sera également consulté dans le cadre de cette procédure budgétaire prévue par la Constitution et la loi organique. Le débat parlementaire sur le budget 2027 devrait s’ouvrir à l’automne, avec un vote attendu avant la fin de l’année.
