Un double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 a frappé le Venezuela mercredi 24 juin, faisant 920 morts et plus de 50 000 disparus, selon le dernier bilan officiel. Les Nations unies estiment que près de 7 millions de personnes ont été affectées par la catastrophe.
Un double séisme rare et dévastateur
Les deux secousses se sont produites mercredi 24 juin, touchant particulièrement la région de La Guaira, au nord de Caracas. Le premier séisme, de magnitude 7,2, a été suivi d’une seconde secousse de magnitude 7,5, dans un phénomène qualifié de « doublet sismique » par les sismologues. Plus de 300 répliques ont été enregistrées depuis, selon les autorités locales. Les tremblements de terre ont été ressentis jusque dans les pays voisins, en Colombie et au Brésil.
Le Venezuela, pays à risque sismique, n’avait pas connu de séisme majeur depuis 1997. La vétusté des infrastructures et la fragilité du système de santé ont aggravé l’impact de la catastrophe, dans un pays déjà confronté à une grave crise économique et sociale. Ce type d’événement, qualifié de « doublet sismique », est considéré comme rare par les géologues : deux séismes de forte magnitude se produisant à quelques heures d’intervalle sur la même faille.
Un bilan humain très lourd
Le bilan officiel fait état de 920 morts, tandis que des milliers de personnes restent piégées sous les décombres à La Guaira et dans d’autres localités du nord du pays. À Genève, le responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a déclaré que plus de 50 000 personnes étaient portées disparues, estimant que le bilan devrait « s’alourdir considérablement » dans le contexte d’une « opération de secours extrêmement complexe ».
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a estimé que jusqu’à 6,76 millions de personnes pourraient avoir été touchées, dont deux millions rien que dans la capitale Caracas. Ces estimations s’appuient sur les données démographiques disponibles et sur l’analyse des dégâts, a précisé l’OIM. L’organisation onusienne a souligné « l’impact humanitaire potentiellement lourd de la catastrophe », alors que des milliers de familles se retrouvent sans abri dans un pays où le système de santé publique était déjà affaibli.
La communauté internationale se mobilise
Des équipes internationales de recherche et de sauvetage venues d’au moins 17 pays ont commencé à intervenir, près de 48 heures après les séismes. Les États-Unis ont annoncé le déploiement de 250 personnels de secours, l’envoi de deux navires de guerre, d’avions de transport et d’hélicoptères, ainsi qu’une aide de 150 millions de dollars. Des vols humanitaires américains ont atterri à l’aéroport de Caracas, partiellement rouvert, a rapporté Le Monde.
Des opérations de recherche se poursuivent dans les décombres des immeubles effondrés, notamment dans la zone industrielle de La Guaira et dans plusieurs quartiers résidentiels de Caracas. Des habitants participent aux secours avec des moyens de fortune, faute d’équipement lourd disponible en nombre suffisant dans les premières heures suivant la catastrophe.
L’ONU a appelé à une mobilisation internationale sans précédent face à l’ampleur de la catastrophe. Selon Franceinfo, confirmé par l’AFP, les opérations de secours se heurtent à des difficultés logistiques majeures, notamment en raison des dégâts causés aux infrastructures de transport et de communication dans les zones les plus touchées du nord du Venezuela.
La situation humanitaire reste préoccupante dans les zones sinistrées, où des milliers de personnes ont passé plusieurs nuits à la recherche de leurs proches. Des centres d’hébergement d’urgence ont été mis en place dans des universités et des bâtiments publics de Caracas et de La Guaira. Des distributions de nourriture, d’eau potable et de médicaments sont organisées par les autorités locales avec l’appui des organisations internationales présentes dans le pays.
