Le chef des députés conservateurs allemands Jens Spahn a présenté sa démission samedi 18 juillet, après la révélation de son recours à une mère porteuse aux États-Unis, une pratique interdite en Allemagne.
Le chef des députés conservateurs allemands Jens Spahn a démissionné samedi 18 juillet. Il était critiqué au sein de son propre camp pour avoir eu recours, avec son mari, à une gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis, une pratique interdite en Allemagne.

« Ces derniers jours, j ai compris que mon bonheur personnel, qui consiste à fonder une famille avec mon mari et à devenir père, est incompatible avec ma fonction politique », a écrit M. Spahn, président du groupe parlementaire CDU/CSU du chancelier Friedrich Merz, dans une lettre à ses collègues.
La CDU, le parti de MM. Spahn et Merz, s oppose à la gestation pour autrui et a voté en février, lors d un congrès, en faveur du maintien de l interdiction en vigueur. M. Spahn et son mari sont devenus parents grâce à une mère porteuse aux États-Unis, qui était enceinte de quatre mois au moment de ce congrès, selon le quotidien Bild.
Friedrich Merz a salué la démission de Jens Spahn, une décision selon lui « juste et inévitable ». Tout en reconnaissant à M. Spahn le mérite d avoir contribué au retour de la CDU au pouvoir, le chancelier a estimé que « la crédibilité est le bien le plus précieux en politique ».
L annonce du recours à une mère porteuse, jeudi dans la presse allemande, avait immédiatement suscité des critiques au sein de la CDU, certains appelant M. Spahn à la démission, ainsi que des accusations d hypocrisie de la part d autres responsables politiques. Les députés de l opposition ont salué la démission de M. Spahn.
Vendredi, Jens Spahn avait tenté de se défendre lors d une interview en podcast, affirmant avoir « longtemps été en proie à un conflit intérieur, notamment sur la question de la maternité de substitution ». Samedi, il a déclaré à ses collègues que « trouver un équilibre entre ma décision personnelle d avoir un enfant par le biais d une mère porteuse et les attentes compréhensibles qui pèsent sur moi en tant que président de notre groupe parlementaire s est avéré plus difficile que je ne l avais prévu ».
Pour Luigi Pantisano, l un des dirigeants du parti Die Linke, la décision de M. Spahn « révèle une fois de plus un deux poids, deux mesures. La loi s applique toujours aux gens ordinaires, mais pour les hauts responsables politiques, elle ne semble valoir que jusqu au moment où ils ont suffisamment d argent pour la contourner à l étranger », a-t-il déclaré au journal Rheinische Post.
Plusieurs responsables de la CDU avaient exhorté Jens Spahn à renoncer à son poste, jugeant sa position intenable au regard de la position du parti sur la GPA. Le président régional de la CDU en Mecklembourg-Poméranie occidentale avait qualifié ses choix d « absolument inacceptables ».
Vendredi, Friedrich Merz avait indiqué que la question ferait l objet de futures discussions au sein du parti, tout en félicitant M. Spahn pour la naissance de son enfant. Le chancelier a également dit ne voir « aucune raison » de modifier la législation allemande sur la gestation pour autrui, ni de revenir sur l opposition de la CDU à cette pratique.
Âgé de 46 ans, Jens Spahn a été ministre de la Santé pendant la pandémie de Covid-19 dans le gouvernement d Angela Merkel. Il s est imposé comme une figure de proue de l aile droite de la CDU, prônant notamment une ligne plus dure en matière d immigration.
