Les ambassadeurs israéliens et libanais ont signé vendredi 26 juin à Washington un accord-cadre parrainé par les États-Unis, destiné à ouvrir la voie à une paix et à une sécurité durables au Moyen-Orient
Annoncé par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, cet accord-cadre constitue la première avancée diplomatique concrète entre les deux pays depuis des décennies. Les deux États sont techniquement en guerre depuis la création d’Israël en 1948 et aucun traité de paix ne les lie.
« Cette première étape est parfois la plus difficile, mais elle est importante et nous l’avons franchie ensemble, a déclaré Marco Rubio à l’issue de la signature. Nous espérons que nous aurons beaucoup d’autres conversations de ce type et réaliserons des progrès réels et tangibles. »
Les discussions directes entre le Liban et Israël, sous l’égide des États-Unis, avaient débuté mi-avril à Washington. Ces négociations étaient les premières du genre depuis plusieurs décennies entre deux pays riverains de la Méditerranée orientale.
Une première étape vers la souveraineté libanaise
L’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadeh, a salué un premier pas vers le rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban. Elle a évoqué « la garantie d’une cessation permanente et définitive des hostilités, permettant à nos habitants de retourner sur leurs terres ».
L’accord prévoit qu’Israël mette à disposition de l’armée libanaise deux zones pilotes dans le sud du Liban, l’une au sud et l’autre au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière. L’armée libanaise pourrait ainsi reprendre progressivement le contrôle de ces secteurs.
Netanyahou contredit l’ambassadrice libanaise
Dans la foulée de la signature, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a pris le contre-pied des déclarations de l’ambassadrice libanaise. Il a exclu tout retrait israélien du Sud-Liban et refusé le retour des habitants déplacés dans les zones sous contrôle israélien.
« Le plus important avant tout, c’est qu’Israël restera dans la zone de sécurité du Sud-Liban, a affirmé Netanyahou dans une vidéo préenregistrée. Il s’agit là d’une avancée majeure et nous la maintiendrons tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé. »
Le chef du gouvernement israélien a conditionné tout retrait supplémentaire au désarmement complet du Hezbollah, la formation politique et militaire chiite soutenue par l’Iran qui contrôle une grande partie du sud du Liban.
Le Hezbollah dénonce un risque de guerre civile
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a estimé que l’accord faisait courir un risque de « guerre civile » en cas d’application par les autorités libanaises. Selon lui, le texte pourrait conduire le Liban vers un conflit interne si l’armée libanaise tentait d’imposer les dispositions de l’accord aux zones sous influence du Hezbollah.
Des dizaines de personnes à moto, certaines brandissant des drapeaux du Hezbollah, se sont rassemblées dans la banlieue sud de Beyrouth pour protester contre l’accord. La banlieue sud est un bastion historique du Hezbollah et une zone stratégique de son dispositif militaire.
Les détails précis de l’accord-cadre n’ont pas été rendus publics à l’issue de la cérémonie. Les textes prévoient que les négociations se poursuivent dans les semaines à venir pour définir les modalités concrètes de mise en œuvre, notamment le calendrier de déploiement des zones pilotes et les mécanismes de vérification du désarmement.
Cette signature intervient dans un contexte régional marqué par la guerre entre les États-Unis et Israël d’une part et l’Iran d’autre part, et par la fermeture du détroit d’Ormuz. L’accord-cadre entre Israël et le Liban est perçu par les observateurs comme une tentative de stabilisation du flanc nord d’Israël alors que les combats se concentrent désormais sur le front iranien.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a précisé que Washington continuerait à jouer un rôle de médiateur dans les discussions à venir et que d’autres rounds de négociations étaient prévus dans les prochaines semaines.
