Le sommet de l’Otan s’est tenu les 8 et 9 juillet 2026 à Ankara. Donald Trump y a alterné critiques et gestes d’apaisement envers les alliés, et a annoncé que les États-Unis autoriseraient l’Ukraine à fabriquer sous licence des missiles Patriot.
Réuni dans la capitale turque, le sommet de l’Alliance atlantique a été marqué par l’attitude fluctuante du président américain. Après être arrivé « très en colère contre l’Otan » et avoir vivement critiqué les dépenses militaires de plusieurs États membres, Donald Trump a changé de ton en séance, déclarant ressentir « beaucoup d’amour dans la salle » et qualifiant le sommet de « extrêmement réussi ».
L’annonce la plus notable concerne l’Ukraine. Donald Trump a déclaré que les États-Unis autoriseraient Kiev à produire sous licence des missiles sol-air Patriot, un système de défense antiaérienne jusqu’ici fourni uniquement par Washington et ses alliés. Cette décision, confirmée par plusieurs sources dont l’Agence France-Presse et reprise par Boursorama et RFI, marque un changement significatif dans le soutien américain à l’Ukraine. Les missiles Patriot, d’une portée d’environ 160 kilomètres, sont considérés comme l’un des systèmes de défense antiaérienne les plus performants au monde. Leur production sous licence par Kiev permettrait à l’Ukraine de renforcer sa sécurité aérienne à long terme, sans dépendre entièrement des livraisons occidentales.
Sur le dossier iranien, le président américain a annoncé la fin du cessez-le-feu en vigueur depuis quelques semaines, déclarant : « En ce qui me concerne, c’est terminé ». Il a également évoqué des frappes supplémentaires contre l’Iran, tandis que les gardiens de la révolution ont affirmé que des bases américaines au Koweït et à Bahreïn avaient été visées. Ces annonces ont ravivé les craintes d’une escalade militaire au Moyen-Orient, déjà fragilisé par les tensions récentes autour du détroit d’Ormuz.
Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a tenté de rassurer les alliés en soulignant l’unité de l’Alliance. Un communiqué final a réaffirmé la clause d’assistance mutuelle (article 5), avec le soutien explicite des États-Unis. Plusieurs contrats de défense ont été annoncés, dont un pour Airbus, confirmant le volet économique du sommet. Le secrétaire général a estimé que les débats avaient été « productifs » et a salué l’engagement renouvelé de Washington envers l’Alliance, malgré les sorties du président américain en début de sommet.
Donald Trump a par ailleurs évoqué le Groenland, qualifié de « très important pour les États-Unis », et a menacé de cesser tout échange commercial avec l’Espagne. Il a en revanche salué son « alchimie » avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, hôte du sommet. Le président turc a vu dans ces échanges une reconnaissance de son rôle de médiateur régional, tandis que les alliés européens ont pris acte des positions américaines sans obtenir de garanties supplémentaires sur le maintien de l’engagement des États-Unis en Europe. Le sommet d’Ankara intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient et de guerre en Ukraine, où les équilibres stratégiques se recomposent depuis le début de l’année 2026. Les prochains jours devraient permettre de préciser les modalités de la production des Patriot en Ukraine et l’évolution de la position américaine sur le dossier iranien.
