Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a confirmé mercredi 9 juillet à Niamey la volonté de Moscou de poursuivre son soutien militaire aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il participait à la deuxième session de consultations entre la Russie et les chefs de la diplomatie des trois États sahéliennes.
« Nous comptons que la coopération entre la Russie et l’AES donnera un élan supplémentaire au renforcement de la souveraineté de nos États et à l’élargissement de nos relations bilatérales et multilatérales », a déclaré Sergueï Lavrov, cité par les médias présents à Niamey. La réunion s’est tenue au siège du ministère nigérien des Affaires étrangères, en présence de ses homologues malien, Abdoulaye Diop, nigérien, Bakary Yaou Sangaré, et burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré. Selon Africanews, cette deuxième session de consultations entre les chefs de la diplomatie de l’AES et la Russie « renforce les relations déjà spéciales entre la confédération et la Russie ».
Les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont salué « l’intensification de leur coopération militaire et militaro-technique » avec la Russie. Moscou « a confirmé sa volonté de poursuivre son soutien au renforcement des capacités opérationnelles » des armées des trois pays, selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion. Un sommet Russie-AES est prévu en octobre à Moscou.
La Russie, par l’intermédiaire de l’Africa Corps, qui a succédé au groupe Wagner après la mort de son fondateur Evgueni Prigojine en 2023, aide les pays de l’AES à lutter contre les groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Ces groupes ont fait des dizaines de milliers de morts dans la région sahélienne depuis 2012 et des millions de déplacés. Moscou a signé des accords de défense avec les trois pays et leur a livré des équipements militaires ainsi que des instructeurs. Les forces spéciales russes et les mercenaires de l’Africa Corps sont déployés aux côtés des armées sahéliennes dans plusieurs zones de conflit, notamment dans le nord du Mali et la région des trois frontières.
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso sont dirigés par des régimes militaires arrivés au pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023. Les trois pays se sont tournés vers la Russie après avoir pris leurs distances avec la France, dont les troupes ont été expulsées du Mali en 2022 puis du Niger et du Burkina Faso en 2024 et 2025. Les trois États sahéliens ont quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour former leur propre alliance, officialisée en septembre 2025.
L’influence russe au Sahel s’est considérablement renforcée depuis 2022. Washington et plusieurs capitales européennes ont exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’ils considèrent comme une déstabilisation de la région par la présence militaire russe. Moscou présente au contraire son engagement comme un soutien à la souveraineté des États sahéliens face au terrorisme, sans ingérence dans leurs affaires intérieures. L’Africa Corps, qui a succédé au groupe Wagner après la mort de son fondateur Evgueni Prigojine en 2023, déploie plusieurs centaines d’instructeurs et de conseillers militaires dans chacun des trois pays de l’AES.
Au-delà du domaine militaire, la Russie coopère avec l’AES dans les secteurs de l’énergie et des mines, a précisé le communiqué. Des entreprises russes sont actives dans l’exploration minière et les infrastructures pétrolières dans les trois pays. Des discussions sont en cours sur des projets d’approvisionnement en produits pétroliers et de construction de raffineries. Cette visite de Lavrov s’inscrit dans une tournée sahélienne qui comprend également des étapes en Mauritanie et au Mali, où il doit rencontrer les autorités de transition.
