Emmanuel Macron a mis en garde mardi 30 juin contre les appels a retablir la peine de mort, lors du 9e Congres mondial contre la peine capitale a Paris. Le chef de l’Etat a reaffirme son engagement abolitionniste devant des milliers de participants.
« La peine de mort ne dissuade pas »
Le president de la Republique s’est exprime a la Maison de la radio, pour l’ouverture du congres organise par l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM). « La peine de mort n’a jamais rendu une societe plus sure. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Ca a ete montre, observe, mesure. Ca n’a jamais eu la notion dissuasive que certains pouvoirs autoritaires voudraient lui accorder », a-t-il declare.
La dignite humaine comme principe
Emmanuel Macron a insiste sur le principe de « dignite humaine », quel que soit l’acte commis par une personne. « L’abolition, c’est la reconnaissance de la dignite humaine et c’est le fait que, quoique que l’un ou l’une d’entre nous n’ait pu faire, nous n’avons pas le pouvoir de lui nier cette appartenance a notre humanite », a-t-il affirme. Punir une personne est un devoir « pour repondre a la restauration des droits d’aide a la victime » mais aussi « pour porter reparation au nom de la societe », a-t-il nuance, sans pour autant « lui retirer son appartenance a l’humanite ».
« Reduire, sanctionner, punir »
« Etre une democratie c’est prendre des lois, des decisions mais c’est reconnaitre la part de chacun au sein d’une societe democratique. Accepter qu’on ne chasse pas le mal hors de notre societe, on le reduit, on le sanctionne, on le punit. On le soigne parfois », a declare le chef de l’Etat devant les participants au congres.
Un debat relance par des faits dramatiques
Le discours du president intervient dans un contexte ou le debat sur la peine de mort a ete relance en France par deux evenements tragiques recents : le meurtre de Lyhanna et le lynchage mortel de Louis a Narbonne. Plusieurs personnalites publiques et figures mediatiques ont appele au retablissement de la peine capitale pour les crimes les plus graves, suscitant une controverse dans l’opinion.
Un congres international a Paris
Le 9e Congres mondial contre la peine de mort se tient mardi a la Maison de la radio et se poursuit mercredi dans les memes lieux, puis jeudi a l’hotel de Lassay, residence de la presidente de l’Assemblee nationale. L’evenement, qui constitue le principal rendez-vous du mouvement abolitionniste mondial, reunit des milliers de participants issus d’ONG, d’institutions et de gouvernements de nombreux pays.
La position historique de la France
La France a aboli la peine de mort en 1981 sous l’impulsion du garde des Sceaux de l’epoque, Robert Badinter, dont la pantheonisation en octobre 2025 a marque la reconnaissance de son combat. Emmanuel Macron a fait de l’abolition universelle de la peine capitale l’un des axes de sa diplomatie, en promettant de porter ce combat « jusqu’a l’abolition universelle ».
Une trentaine de pays continuent d’appliquer la peine de mort dans le monde, selon les donnees des ONG de defense des droits de l’homme. La Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et plusieurs Etats americains figurent parmi les principaux pays executeurs. En parallele, le nombre de pays ayant aboli la peine de mort en droit ou en pratique depasse aujourd’hui les 140, selon les estimations des organisations internationales.
Le Congres mondial contre la peine de mort se deroule jusqu’a jeudi, avec des ateliers et des sessions plenieres reunissant juristes, elus, representants d’ONG et temoins issus de pays abolitionnistes et retentionnistes. L’objectif affiche est de renforcer la dynamique en faveur de l’abolition universelle, alors que plusieurs pays ont connu des reculs sur ce sujet ces dernieres annees.
