Vladimir Poutine a reconnu, mardi 30 juin, « une certaine pénurie » de carburant en Russie, conséquence des frappes ukrainiennes répétées contre les raffineries russes. Cette déclaration intervient alors que les restrictions de vente d’essence s’étendent à des dizaines de régions et que la Crimée a été placée en situation d’urgence.
Pour la première fois depuis le début du conflit, le président russe a admis publiquement que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes provoquent des perturbations dans l’approvisionnement en carburant. Les frappes de drones, qui se sont intensifiées ces dernières semaines, ont endommagé ou détruit une vingtaine de raffineries sur le territoire russe.
« Nous voyons les problèmes », a déclaré Vladimir Poutine, cité par plusieurs médias, reconnaissant que les capacités de raffinage du pays sont sous pression. Selon des sources concordantes, la production de carburant en Russie a chuté d’environ 25 % depuis le début des attaques ukrainiennes ciblées contre les installations pétrolières.
Une pénurie qui s’étend à des dizaines de régions
La pénurie de carburant touche désormais plus de vingt régions russes, selon les autorités locales. Dans plusieurs d’entre elles, des restrictions de vente d’essence ont été imposées, limitant les quantités que chaque automobiliste peut acheter. En Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014, les autorités ont placé le territoire en « situation d’urgence » face à la pénurie de carburant et aux coupures d’électricité qui affectent la population.
La Crimée, en particulier, subit de plein fouet les frappes ukrainiennes. Privée d’une partie de son approvisionnement en carburant et en électricité, la péninsule connaît des restrictions sévères à la pompe. Les autorités russes ont suspendu la vente de carburant au grand public dans certaines stations-service, provoquant des files d’attente et des tensions.
Des frappes ukrainiennes de plus en plus profondes
Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes se sont intensifiées depuis le printemps 2026. Kiev a ciblé des raffineries, des dépôts pétroliers et des oléoducs, cherchant à affaiblir la machine de guerre russe en perturbant son approvisionnement en carburant. Selon les analystes, il s’agit de la pire pénurie de carburant que connaît la Russie depuis 2009.
Cette stratégie a conduit Moscou à interdire les exportations d’essence et de kérosène, et à envisager une interdiction totale des exportations de gazole. La Russie a également entamé des négociations avec le Kazakhstan pour importer 50 000 tonnes d’essence, afin de pallier les pénuries intérieures.
Une reconnaissance inédite de la part du Kremlin
L’aveu de Vladimir Poutine marque un tournant dans le discours officiel russe. Jusqu’à présent, le Kremlin minimisait l’impact des frappes ukrainiennes sur son économie. Cette reconnaissance intervient alors que l’Ukraine a revendiqué avoir mené des attaques ayant détruit le pont de Tchonhar, qui relie la Crimée au continent russe, isolant davantage la péninsule.
Les experts interrogés par plusieurs médias internationaux estiment que cette situation place la Russie dans une position délicate, un grand pays exportateur d’énergie se trouvant contraint de rationner son propre carburant.
À Moscou et à Saint-Pétersbourg, des restrictions à la pompe ont été signalées, avec des stations-service limitant le volume d’essence vendu par client. Selon des sources concordantes, ces mesures s’ajoutent à l’interdiction des exportations de carburant décidée par le gouvernement russe ces dernières semaines. La région d’Irkoutsk, en Sibérie, a également renforcé ses propres restrictions face à l’aggravation de la situation.
Sur le plan diplomatique, cette reconnaissance intervient alors que les Européens redoutent une fuite en avant du Kremlin. La Russie a récemment affirmé avoir intercepté plusieurs centaines de drones ukrainiens en direction de Moscou, illustrant l’intensification des frappes ukrainiennes en profondeur sur le territoire russe. Le pont de Crimée, voie d’approvisionnement stratégique, a été à plusieurs reprises la cible d’attaques.
