Les allocations d’assurance chomage ne seront pas revalorisees au 1er juillet 2026, a annonce l’Unedic mardi 30 juin, a l’issue d’une reunion de son conseil d’administration. Le vote est reste bloque, le nombre de voix en faveur d’une revalorisation etant identique a celui des voix contre.
L’organisme paritaire, qui gere les allocations chomage, a indique que la derniere revalorisation remontait au 1er juillet 2025, avec une hausse de 0,5 %. Cette absence de nouvelle revalorisation intervient alors que l’inflation continue d’eroser le pouvoir d’achat des demandeurs d’emploi. Avec un taux d’inflation attendu autour de 2 % en 2026, le manque a gagner pour les allocataires represente plusieurs dizaines d’euros par mois en termes reels.
Selon une etude de l’Unedic publiee le 1er juin, portant sur 1,7 million d’allocataires dont l’indemnisation a debute en 2022 et qui disposent d’une duree potentielle de droits de 24 mois ou moins, les allocataires sont les plus nombreux a retrouver un emploi au cours de leurs premiers mois d’indemnisation. La probabilite de reprendre un emploi se situe entre 18 % et 22 % avant meme la premiere indemnisation, avant de baisser progressivement a mesure que le temps passe. L’etude souligne que les allocataires les plus jeunes et les plus diplomes retrouvent plus rapidement un emploi.
Au quatrieme trimestre 2025, 2,7 millions de personnes etaient indemnisees par l’Assurance chomage, selon les chiffres de l’Unedic. Plus de la moitie d’entre elles touchaient moins de 1 000 euros net mensuels. L’allocation moyenne mensuelle versee etait de 1 040 euros. Le montant total des prestations versees par l’Assurance chomage depasse les 35 milliards d’euros par an, financee par les cotisations des employeurs et des salaries.
Les syndicats, notamment la CGT, ont denonce une nouvelle atteinte au pouvoir d’achat des demandeurs d’emploi apres plusieurs annees d’inflation. De leur cote, les organisations patronales ont justifie le statu quo par la necessite de maintenir l’equilibre financier du systeme d’indemnisation dans un contexte de ralentissement economique et de hausse du cout du travail.
Cette situation reflete les difficultes persistantes du marche du travail francais, ou le taux de chomage s’etablissait a 7,3 % au premier trimestre 2026, selon l’Insee. Si ce niveau est inferieur a celui des annees 2010, il reste superieur a la moyenne europeenne. Les economistes estiment que le gel des allocations pourrait inciter certains demandeurs d’emploi a accepter plus rapidement des postes disponibles, mais il risque aussi d’aggraver la precarite des plus vulnerables.
L’Unedic a precise que de nouvelles discussions auront lieu dans les prochains mois pour evaluer l’impact de cette decision et envisager d’eventuelles mesures compensees. Les partenaires sociaux devront se reposer la question de la revalorisation en fonction de l’evolution de l’inflation et des finances du systeme. Une nouvelle reunion du conseil d’administration est attendue avant la fin de l’annee 2026.
En attendant, les 2,7 millions d’allocataires devront composer avec des allocations dont le montant reel diminue face a la hausse des prix, un phenomene connu sous le nom de desindexation, qui reduit progressivement le pouvoir d’achat des indemnites versees aux demandeurs d’emploi. Les associations de lutte contre la pauvrete ont appele le gouvernement a intervenir pour degager des fonds supplementaires destines a compenser cette absence de revalorisation.
Cote gouvernemental, le ministere du Travail a pris acte de la decision de l’Unedic, rappelant que la gestion de l’assurance chomage releve du dialogue social entre partenaires sociaux. L’executif n’a pas annonce de mesure compensee pour les allocataires, renvoyant aux prochaines negociations entre syndicats et patronat la question d’un eventuel rattrapage.
