Le chanteur américain Victor Willis, cofondateur du groupe disco Village People, est mort à l’âge de 74 ans, a annoncé la page officielle du groupe sur les réseaux sociaux ce mardi 1er juillet 2026. Il est décédé « des suites d’une maladie brève mais grave », a encore précisé sa famille.
Né à Dallas en 1951, Victor Willis a grandi en chantant du gospel dans une église baptiste dirigée par son père. Au début des années 1970, il rejoint la Negro Ensemble Company à New York et se produit à Broadway dans plusieurs comédies musicales, dont The Wiz en 1976, une adaptation urbaine du Magicien d’Oz.
C’est l’année suivante que tout bascule.
En 1977, il rencontre les producteurs français Henri Belolo et Jacques Morali, installés à New York. En se promenant dans le quartier de Greenwich Village, ils remarquent un Amérindien jouer des cloches dans la rue, puis un autre homme coiffé d’un chapeau de cow-boy dans un bar voisin. L’idée naît de créer un groupe autour des stéréotypes du mâle américain.
Les deux Français, qui cherchent un choriste pour terminer l’album d’un autre groupe, se voient conseiller Victor Willis par l’arrangeur Horace Ott. Morali lui lance : « J’ai quatre titres, je ne peux pas te payer pour le moment mais si tu en es d’accord, je ferai de toi une star. »
Les quatre morceaux sont San Francisco (You’ve Got Me), In Hollywood (Everyone’s a Star), Fire Island et Village People. Ils font un triomphe. Mais le groupe se résume alors à Victor Willis seul. Belolo et Morali recrutent rapidement Felipe Rose (l’Indien), Mark Mussler (l’ouvrier de chantier), David Forrest (le cow-boy) et Lee Mouton (le motard en cuir). Le concept des six stéréotypes du mâle américain est complet.
Habillé en policier ou en officier de marine sur scène, Victor Willis devient le chanteur principal. Il cosigne plusieurs morceaux, dont YMCA en 1978, mais aussi Macho Man et Go West. À la Sacem, il est crédité de treize titres et figure parmi les dix-sept ayants droit de YMCA.
Leur première tournée internationale accompagne la sortie de leur quatrième album Go West. Village People devient un phénomène mondial, porté par des costumes devenus iconiques et une musique qui transcende les frontières.
Fin 1979, Victor Willis quitte le groupe et divorce de l’actrice Phylicia Ayers-Allen, qui incarne alors Claire Huxtable dans le Cosby Show. Il se met à écrire pour le chanteur français Patrick Juvet, signant I Love America, Swiss Kiss, Lady Night et Viva California. Il ne reviendra dans Village People qu’en 2017, à l’âge de 66 ans, reprenant sa place de chanteur principal. Le groupe, qui a vendu plus de cent millions d’albums dans le monde, n’a jamais cessé de donner des concerts, y compris après la pandémie de Covid-19. Parmi ses autres tubes figurent In the Navy et Can’t Stop the Music.
Son décès intervient après celui du producteur français Henri Belolo, autre figure tutélaire des Village People. Sa famille a fait part de sa « profonde tristesse » dans un communiqué publié mardi.

YMCA reste l’un des titres les plus diffusés de l’histoire du disco, reproduit dans les stades et les fêtes du monde entier depuis près de cinquante ans. La chorégraphie du morceau, qui mime les quatre lettres du titre avec les bras, est devenue un rituel collectif dans les enceintes sportives internationales. En 2020, la Bibliothèque du Congrès américain a inscrit le titre au Registre national des enregistrements, consacrant son importance dans le patrimoine culturel des États-Unis.
