Les États-Unis ont levé l’obligation faite à Anthropic d’obtenir une licence avant d’exporter ses modèles d’intelligence artificielle Mythos et Fable. L’entreprise a annoncé qu’elle rétablirait l’accès public à ces modèles le mercredi 1er juillet 2026.
Le 12 juin, le gouvernement américain avait inscrit Mythos et Fable sur la liste des technologies soumises à des restrictions d’exportation. Cette décision empêchait leur mise à disposition auprès de ressortissants étrangers sans autorisation spéciale. La mise en conformité s’étant révélée impossible à grande échelle, Anthropic avait suspendu l’accès public à ses deux modèles les plus avancés.
Un accord sous conditions de sécurité
Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a indiqué qu’Anthropic s’était engagée à « détecter et traiter de manière proactive les risques de sécurité associés aux modèles, à travailler avec le gouvernement américain sur des protocoles et des normes pour les futures versions, et à informer les autorités de toute activité malveillante ». Anthropic avait déjà pris des engagements similaires de manière volontaire plusieurs mois avant l’entrée en vigueur des restrictions, selon TechCrunch.
Des experts en cybersécurité avaient exprimé leur scepticisme quant à la justification sécuritaire de ces restrictions. Pour certains analystes, la décision de l’administration Trump relevait davantage d’un levier de pression après les critiques publiques formulées par des dirigeants d’Anthropic sur l’usage potentiel de ces technologies par le gouvernement et ses opposants politiques.
La concurrence asiatique a pesé dans la balance
Le contexte concurrentiel international a influencé la décision de Washington. Des entreprises asiatiques ont récemment commercialisé leurs propres modèles d’IA aux capacités proches de celles de Mythos, notamment les systèmes Fugu et Tulongfeng. Ces nouveaux modèles, disponibles sans les restrictions qui pesaient sur les produits américains, menaçaient de réduire l’avance technologique des entreprises des États-Unis. Cette montée en puissance a accru la pression sur le gouvernement américain pour assouplir ses restrictions, afin de préserver la compétitivité du pays dans le secteur de l’intelligence artificielle.
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La semaine dernière, Howard Lutnick avait déjà autorisé la mise à disposition de Mythos auprès d’un groupe restreint de clients approuvés par la Maison-Blanche. Les derniers modèles d’OpenAI ont également été rendus accessibles à un cercle d’organisations validées par l’administration, plutôt qu’au grand public.
Un décret présidentiel signé en juin, qui prévoyait un examen des modèles avant leur publication, a été critiqué par des analystes influents du secteur, dont Dean W. Ball, récemment entré chez OpenAI pour y occuper un poste dans le domaine des politiques publiques. L’approche de l’administration Trump en matière de régulation de l’IA a laissé les entreprises du secteur avec une visibilité limitée sur les règles qui encadreront les futures mises sur le marché.
Mythos avait initialement été mis à disposition d’un groupe restreint d’organisations en avril pour répondre aux préoccupations concernant sa capacité à identifier et exploiter des vulnérabilités logicielles. Une version baptisée Fable, dotée de garde-fous supplémentaires, avait été rendue publique en juin. La levée des restrictions, effective le 1er juillet, rouvre l’accès international à ces deux modèles, considérés comme parmi les plus avancés jamais mis sur le marché.
