Google et Amazon ont publié leurs rapports de durabilité annuels. Résultat : les émissions de gaz à effet de serre des deux géants technologiques ont bondi, sous l’effet de l’explosion de l’intelligence artificielle et de la construction massive de data centers.
Google : 25 % d’émissions en plus en un an
Le rapport de Google, publié le 1er juillet 2026, fait état d’une hausse de 25 % de ses émissions totales de carbone par rapport à l’année précédente. Un bond spectaculaire qui porte désormais les émissions du groupe à plus du double de leur niveau de 2019, l’année de référence choisie par l’entreprise pour évaluer sa performance climatique. Amazon n’est pas en reste : ses émissions ont augmenté de 16 % sur la même période, selon des chiffres confirmés par Axios, DW et TechCrunch.
Les deux entreprises se sont engagées à atteindre la neutralité carbone dans les années à venir. Mais ces objectifs semblent de plus en plus éloignés. La cause principale est identifiée : la consommation énergétique des data centers, dont le nombre et la capacité explosent pour répondre à la demande en IA.
Le phénomène ne se limite pas à Google et Amazon. Microsoft, qui avait annoncé en mai 2024 un objectif de carbone négatif d’ici 2030, envisagerait de revoir cet engagement à la baisse, selon GeekWire. L’ensemble du secteur technologique est confronté au même dilemme : comment concilier la croissance explosive de l’IA avec des promesses climatiques ambitieuses.
Des data centers toujours plus gourmands
Dans son rapport, Amazon indique avoir ajouté plus de capacité de data centers que n’importe quelle autre entreprise en 2025, dont plus de 1,2 gigawatt au quatrième trimestre seulement. Un rythme de construction qui pèse lourd dans son empreinte carbone et illustre l’explosion de la demande en infrastructure cloud. Les émissions de Scope 3 de Google ont augmenté de 2,1 millions de tonnes métriques, principalement du fait de l’achat de biens d’équipement et de la construction d’infrastructures.
Les émissions de Scope 3, qui comprennent la pollution indirecte liée aux fournisseurs et aux produits vendus, représentent désormais la plus grande partie de l’empreinte des deux entreprises. Pour Amazon, elles proviennent surtout des biens d’équipement et de l’énergie. Pour Google, la catégorie inclut les serveurs, les GPU et les centres de données.
Le virage vers les énergies fossiles
Pendant des années, Google et Amazon ont compensé leur croissance par l’achat massif d’électricité renouvelable. Mais ce modèle montre ses limites. Les deux entreprises investissent désormais dans des centrales au gaz naturel pour alimenter leurs data centers, comme le rapporte le site TechCrunch le 2 juillet 2026, une information confirmée par DW et Computing UK.
L’industrie du ciment et de l’acier nécessaires à la construction des data centers est elle-même très polluante, et les alternatives bas carbone ne sont pas encore disponibles à l’échelle requise. Les GPU et la mémoire nécessaires à l’entraînement des modèles d’IA représentent un autre poste d’émissions indirectes en pleine croissance.
Un défi pour les objectifs net-zero
Les deux entreprises consacrent plusieurs pages de leurs rapports à expliquer comment l’IA peut aussi aider à réduire les émissions, un argument que TechCrunch qualifie de protestation excessive. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : sans un changement radical de stratégie, les engagements climatiques de Google et d’Amazon risquent de rester lettre morte.
Les investisseurs, de leur côté, suivent de près la situation. Reuters rapportait en avril 2026 que des fonds d’investissement avaient interpellé Amazon, Microsoft et Google sur leur consommation d’eau et d’électricité aux États-Unis. Un signe que la pression ne vient pas seulement des ONG environnementales, mais aussi des actionnaires. Un signal clair que l’heure des comptes approche pour le secteur.
