Le premier cas d’Ebola identifié en France est guéri et a quitté l’hôpital. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l’a annoncé samedi 4 juillet dans un communiqué transmis à l’AFP.
Ce médecin humanitaire travaillant pour l’ONG Alima, arrivé en France le 23 juin en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), a pu rentrer chez lui après deux tests PCR négatifs. Il avait été isolé dès son arrivée à l’aéroport de Paris puis transporté à l’hôpital Bichat, où il a été pris en charge en chambre à pression négative, un protocole standard pour les maladies hautement contagieuses. La ministre a salué la réactivité des équipes médicales et la coordination entre les services sanitaires et aéroportuaires.
Le patient avait embarqué sur un vol depuis Kinshasa sans symptômes apparents, à part des maux de tête, mais son état s’est légèrement dégradé lors du trajet. La ministre a précisé qu’il est resté peu symptomatique durant sa prise en charge. Cinq personnes ayant été en contact avec lui durant le vol ont été identifiées et placées à l’isolement à domicile pour une période de vingt et un jours, correspondant à la durée maximale d’incubation du virus. Aucun de ces cas contacts n’a développé de symptômes à ce stade, selon les autorités sanitaires, qui ont estimé que le risque de propagation en France était extrêmement faible.
Il s’agit du premier cas d’Ebola jamais diagnostiqué en France et du premier cas identifié hors du continent africain pour cette épidémie. La souche en cause, dite Bundibugyo, est une variante rare du virus contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique approuvé. Identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, cette souche provoque une fièvre hémorragique dont le taux de létalité est estimé entre 25 et 50 % selon l’OMS. En 2014, lors d’une précédente épidémie en Afrique de l’Ouest, deux patients avaient été accueillis et soignés sur le territoire français à l’hôpital militaire de Percy, mais ils avaient été diagnostiqués à l’étranger avant leur transfert, ce qui différencie la situation actuelle.
L’épidémie actuelle, déclarée le 15 mai dans le nord-est de la RDC, a fait au moins 452 morts selon un dernier bilan daté de vendredi 3 juillet. Plus de 1 100 cas suspects ont été recensés dans plusieurs provinces congolaises ainsi qu’en Ouganda voisin. L’épidémie continue de s’étendre, avec un cas récemment confirmé à Kisangani, grande ville du nord-est située à près de 600 kilomètres du foyer initial de la crise dans la province d’Ituri. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que le risque pour la santé publique demeure faible à l’échelle mondiale, en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola qui se transmet uniquement par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées. Le virus ne se propage pas par voie aérienne.
Plusieurs pays ont renforcé leurs mesures de surveillance aux frontières après la détection du premier cas français. L’Italie avait notamment réclamé un renforcement de la vigilance au sein de l’Union européenne. Air France a suspendu temporairement ses vols entre Paris et Kinshasa à la fin du mois de juin, avant de les rétablir le 28 juin. Aux États-Unis, l’administration Trump a imposé une quarantaine de vingt et un jours aux voyageurs en provenance de RDC, une mesure qui a concerné notamment l’équipe de football congolaise venue disputer la Coupe du monde 2026. L’OMS a appelé les pays à ne pas imposer de restrictions de voyage excessives, tout en reconnaissant la légitimité des mesures de surveillance renforcées. Les autorités sanitaires françaises ont salué l’efficacité du protocole mis en place, qui a permis d’identifier et d’isoler le patient dès son arrivée à l’aéroport, limitant ainsi les risques de transmission sur le territoire.
