Environ un millier de personnes se sont rassemblées samedi 4 juillet à Bernos-Beaulac, en Gironde, pour former une chaîne humaine contre le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax, alors que des travaux de défrichement sont attendus à l’automne.
La mobilisation, organisée par des associations et des élus locaux, s’est déroulée dans une ambiance militante, avec tambours et chants. Familles, jeunes, sylviculteurs et habitants de la vallée se sont donné la main pour marquer leur opposition au tracé qui doit traverser la vallée du Ciron, au sud de Bordeaux.
Parmi les pancartes brandies, on pouvait lire « Patrimoine en danger », « Lascaux des arbres et de l’eau » ou encore « Arche de Noé de la biodiversité », en référence à la richesse écologique de cette zone classée. La vallée du Ciron abrite des forêts galeries préservées, des habitats d’espèces protégées et des zones humides que le tracé de la future ligne doit traverser sur plusieurs kilomètres.
Les organisateurs dénoncent les conséquences environnementales du chantier et s’interrogent sur les priorités budgétaires du projet, évalué à environ 14 milliards d’euros. Le financement a connu un tournant le 24 juin 2026, lorsque l’État a annoncé renoncer au partenariat public-privé pour prendre directement en charge le coût de la ligne, une décision qui rend le projet « irréversible », selon ses promoteurs.
Dernière action avant le défrichement
Selon les opposants, cette manifestation se veut la dernière action « pacifiste » avant le début des travaux de défrichement prévus à l’automne 2026. Le calendrier s’accélère depuis l’annonce, le 24 juin, par l’État, de renoncer au partenariat public-privé pour financer directement le chantier, rendant le projet « irréversible », selon les termes utilisés par les promoteurs de la LGV.
Un projet de longue date régulièrement contesté
Le projet de ligne à grande vitesse dans le Sud-Ouest est inscrit dans les schémas d’infrastructure depuis les années 1990. Déclaré d’utilité publique en 2016, il a fait l’objet de nombreux recours juridiques de la part d’associations environnementales et de collectifs riverains. Les travaux préparatoires ont débuté en 2024 dans plusieurs secteurs.
Les opposants estiment que les études d’impact sous-évaluent les effets du chantier sur la biodiversité locale. La vallée du Ciron, classée Natura 2000, constitue selon eux un corridor écologique dont la fragmentation aurait des conséquences durables sur la faune et la flore. Les associations réclament une révision du tracé ou, à défaut, des mesures compensatoires renforcées.
La ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax, longue de plus de 400 kilomètres, doit relier les deux métropoles du Sud-Ouest en un peu plus d’une heure, contre plus de deux heures actuellement. Sa mise en service est prévue à l’horizon 2032. Le projet inclut également le prolongement vers Dax, qui doit à terme connecter le réseau au Pays basque et à l’Espagne.
Les élus favorables au projet, notamment les présidents des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, mettent en avant le désenclavement du territoire et le report modal du transport aérien vers le rail. Les opposants pointent la destruction d’espaces naturels, l’impact sur les nappes phréatiques et le coût pour les finances publiques dans un contexte budgétaire contraint.
D’autres mobilisations similaires ont eu lieu ces dernières années le long des tracés de LGV en France, notamment contre la ligne Montpellier-Perpignan. Les collectifs d’opposants entendent poursuivre leurs actions dans les prochains mois, alors que les premiers engins de chantier sont attendus dans la vallée du Ciron à partir de septembre.
Le gouvernement a confirmé en juin 2026 le caractère prioritaire de cette infrastructure, présentée comme un levier de décarbonation des mobilités. La mise en service complète de la ligne reste conditionnée à la réalisation des travaux préparatoires dans le respect du calendrier annoncé.
