Près de 150 pompiers sont encore mobilisés ce samedi 4 juillet dans l’Aude pour éteindre un incendie désormais fixé, qui a parcouru 900 hectares autour de Pouzols-Minervois.
900 hectares parcourus en 48 heures
Le feu, parti mercredi 1er juillet entre l’Hérault et l’Aude, a été fixé vendredi après-midi, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Les flammes ont détruit 900 hectares de végétation, principalement des vignes, des champs et des zones de garrigue. Le sinistre a entraîné l’évacuation de plusieurs dizaines d’habitants du secteur de Pouzols-Minervois.
Le maire de la commune, Claude Guibbert, a déclaré à l’AFP que «des champs, des vignes, des arbres, il y a du dégât. Le feu est fixé, mais il faut rester prudent, rien n’est définitif». Un hélicoptère survole encore le secteur ce samedi pour surveiller d’éventuelles reprises.
Un début de saison précoce qui inquiète
Laurent Nuñez s’est dit «très inquiet pour la saison», estimant que la France a «un mois d’avance sur les départs de feux». Intervenant à Perpignan vendredi, le ministre a appelé les citoyens à la plus grande vigilance, rappelant que «neuf feux sur dix ont une origine humaine».
Le colonel Eric Belgioïno, directeur du SDIS des Pyrénées-Orientales, a lancé un appel : «Le changement climatique est présent. Les conséquences, on les vit. Et on n’est que début juillet, la saison va être longue pour les soldats du feu. Donc, aidez-nous en adoptant les bons comportements».
Des dégâts matériels importants
À Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), le feu a touché le pôle nautique et détruit un bâtiment du fabricant de catamarans Catana. Un incendie distinct, parti de Sainte-Marie-la-Mer, ne compte plus qu’un point chaud surveillé intensément. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a salué la «mobilisation collective» qui a permis d’éviter un bilan humain plus lourd.
Six civils dont un enfant, six pompiers volontaires et sept policiers municipaux ont été légèrement blessés ou intoxiqués, selon le dernier bilan de la préfecture. Trois campings ont partiellement brûlé, entraînant l’évacuation de plusieurs centaines de touristes.
Plusieurs incendies simultanés dans le Sud
Près de Marseille, le feu de Lançon-Provence (Bouches-du-Rhône) est maîtrisé depuis jeudi soir. Quarante sapeurs-pompiers sont toujours engagés à Rognac, mais le feu y est également fixé. Le Gard a connu plusieurs départs de feu, dont l’un s’est propagé à un site de stockage de déchets à Milhaud, près de Nîmes, et un autre a menacé un site industriel du groupe Sanofi à Aramon.
La France dispose actuellement de 12 Canadairs, huit avions Dash, dix hélicoptères bombardiers d’eau et six avions bombardiers légers supplémentaires pour faire face aux incendies, selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur. Le Vaucluse, le Gard et les Bouches-du-Rhône ont interdit l’accès à plusieurs massifs forestiers en raison d’un risque incendie considéré comme sévère.
Le début du mois de juillet 2026 est marqué par des conditions météorologiques favorables aux feux, avec des températures élevées, une végétation abondante après les pluies de fin d’année et des vents soutenus. Les Pyrénées-Orientales repasseront en vigilance orange canicule à compter de samedi midi.
Plus de 7 000 départs de feu depuis le début de l’année
Le ministre de l’Intérieur a indiqué que plus de 7 000 départs de feu ont déjà été recensés en France depuis le début de l’année 2026, un chiffre préoccupant à l’entrée de l’été. En août 2025, l’incendie de «l’Ogre des Corbières» avait ravagé 17 000 hectares et détruit 11 000 hectares dans le massif éponyme, un souvenir qui reste dans les mémoires des habitants de la région.
Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine de l’incendie de Canet-en-Roussillon. Le préfet des Pyrénées-Orientales a indiqué que les deux priorités sont désormais l’accompagnement des sinistrés et la relance économique pour les campings et les entreprises touchées.
