La premiere ministre danoise, Mette Frederiksen, a reaffirme mercredi 8 juillet que le Groenland n’est pas a vendre, en reponse aux declarations de Donald Trump au sommet de l’Otan a Ankara.
« Le Groenland n’est bien evidemment pas a vendre », a declare Mette Frederiksen devant la presse a son arrivee au sommet de l’Otan, mercredi. « J’ai entendu le president americain hier, et je pense que la position des Etats-Unis est malheureusement tres claire sur ce sujet, et notre position est tout aussi claire depuis le debut : le Groenland n’est bien evidemment pas a vendre. »
Mardi a Ankara, Donald Trump a reitere que le territoire autonome danois devrait selon lui etre « controle par les Etats-Unis », sans toutefois repeter les menaces proferees en debut d’annee. L’Alliance atlantique avait traverse de graves turbulences en janvier, quand le president americain menacait de s’emparer, potentiellement par la force, du Groenland, juge indispensable a la securite des Etats-Unis. Il avait fait marche arriere apres plusieurs semaines de rhetorique agressive et annonce en janvier un accord-cadre sur le Groenland avec le secretaire general de l’Otan, Mark Rutte, dont les contours sont restes flous.
La question du Groenland avait cristallise les tensions entre Washington et Copenhague au cours du premier trimestre 2026. Le Danemark, membre fondateur de l’Otan, s’etait alors retrouve dans une position delicate, pris entre les exigences de son allie americain et la defense de la souverainete de son territoire arctique. Plusieurs pays europeens, dont la France et l’Allemagne, avaient apporte leur soutien au Danemark, rappelant le principe d’integrite territoriale des Etats membres.
De son cote, le gouvernement groenlandais, dirige par le Premier ministre Mute B. Egede, a multiplie les declarations souverainistes depuis le debut de l’annee. Nuuk reclame une plus grande autonomie en matiere de politique etrangere et un acces elargi aux revenus de l’exploitation miniere. Un rapport du Parlement groenlandais, rendu public en mai, a recommande l’ouverture de negociations avec Copenhague pour une nouvelle etape vers l’independance, sans calendrier precis.
« Nous sommes un Etat souverain »
Mette Frederiksen a insiste sur le droit a l’autodetermination du peuple groenlandais. « Nous esperons que tout le monde, y compris tous les allies, respecteront le droit des Groenlandais a l’autodetermination. Nous sommes un Etat souverain et nous avons besoin du respect de tous pour notre integrite territoriale et notre souverainete », a-t-elle ajoute.
Interrogee sur la remise en cause repetee par les Etats-Unis de l’article 5 du traite de l’Otan, qui prevoit la defense mutuelle entre allies en cas d’attaque, la premiere ministre danoise a elude : « je n’ai pas entendu qu’ils n’etaient pas attaches au respect de l’article 5. »
Le Groenland, territoire autonome rattache au Danemark, dispose de son propre gouvernement et gere la plupart de ses affaires interieures. La defense et la politique etrangere relevent du Danemark. L’ile arctique, qui dispose de gisements de mineraux et d’hydrocarbures, suscite un interet croissant des grandes puissances en raison du rechauffement climatique et de l’ouverture de nouvelles routes maritimes. Les Etats-Unis y maintiennent depuis 1941 une base aerienne a Pituffik, anciennement Thule, qui constitue un maillon cle de leur systeme de detection et de defense arctique.
Le sommet de l’Otan a Ankara se deroule dans un contexte geostrategique tendu, marque par la guerre en Ukraine, la multiplication des cyberattaques et les rivalites accrues dans l’Arctique. L’avenir du Groenland, plaque tournante de cette region en pleine mutation, s’annonce comme l’un des sujets centraux des discussions entre les trente-deux etats membres de l’Alliance. Les negociations sur le statut du territoire groenlandais pourraient egalement figurer a l’ordre du jour des discussions bilaterales americano-danoises prevues en marge du sommet.
