Mette Frederiksen a reaffirme mercredi 8 juillet que le Groenland n’etait « pas a vendre », repondant aux nouvelles declarations de Donald Trump sur le territoire autonome danois. La Premiere ministre danoise s’exprimait depuis le sommet de l’Otan a Ankara, en Turquie.
« J’ai entendu le president americain hier, et je pense que la position des Etats-Unis est malheureusement tres claire sur ce sujet, et notre position est tout aussi claire depuis le debut : le Groenland n’est bien evidemment pas a vendre », a declare Mette Frederiksen devant la presse a son arrivee au sommet de l’Alliance atlantique a Ankara.
Donald Trump avait estime mardi 7 juillet que le Groenland, territoire autonome rattache au Danemark, devrait etre « controle par les Etats-Unis ». Le president americain n’avait toutefois pas formule de menace directe lors de cette nouvelle intervention sur le sujet.
Le sommet d’Ankara est le premier rassemblement des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Otan depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2026. Les questions de defense europeenne, les depenses militaires et la guerre en Ukraine figurent egalement a l’ordre du jour des discussions.
Le droit a l’autodetermination rappele
La cheffe du gouvernement danois a insiste sur le respect du droit international. « Nous esperons que tout le monde, y compris tous les allies, respectera le droit des Groenlandais a l’autodetermination. Nous sommes un Etat souverain et nous avons besoin du respect de tous pour notre integrite territoriale et notre souverainete », a-t-elle ajoute.
Interrogee sur la portee de l’article 5 du traite de l’Otan, qui prevoit la defense mutuelle entre allies en cas d’attaque, Mette Frederiksen a repondu : « Je n’ai pas entendu qu’ils n’etaient pas attaches au respect de l’article 5 », en reference aux Etats-Unis.
Plusieurs dirigeants europeens presents a Ankara ont apporte leur soutien au Danemark dans ce dossier. Emmanuel Macron, president francais, a rappele l’attachement de la France a la souverainete des Etats membres de l’Otan et au respect de leurs frontieres, selon des sources diplomatiques.
Un dossier qui empoisonne les relations depuis janvier
Les relations entre Washington et Copenhague sont tendues sur ce dossier depuis le debut de l’annee 2026. Donald Trump avait alors menace de s’emparer, potentiellement par la force, du Groenland, qu’il juge indispensable a la securite nationale americaine. Il avait fait marche arriere apres plusieurs semaines de rhetorique agressive, et annonce en janvier un accord-cadre avec le secretaire general de l’Otan, Mark Rutte, dont les contours etaient toutefois restes flous.
L’Alliance atlantique traverse depuis le debut de l’annee de graves turbulences liees a ce dossier, les declarations repetees de Donald Trump sur le Groenland ayant provoque l’inquietude parmi les Etats membres europeens. Le president americain avait notamment evoque la perspective de droits de douane punitifs contre le Danemark si Copenhague refusait de negocier la cession du territoire arctique.
Le Groenland, territoire arctique qui contient des ressources minerales et est strategiquement situe entre l’Amerique du Nord et l’Europe, est un territoire autonome du Danemark depuis 1979. Sa population, environ 57 000 habitants, dispose de son propre gouvernement et peut, en theorie, acceder a l’independance par referendum. La base spatiale de Pituffik, installee par les Etats-Unis pendant la guerre froide, constitue un element central de l’interet americain pour l’ile.
Les declarations de Donald Trump ont suscite une vague de reactions en Europe. Plusieurs medias europeens ont relaie la reponse de Mette Frederiksen, tandis que des manifestations ont eu lieu au Groenland meme contre les ambitions territoriales americaines. Le Premier ministre groenlandais a rejete fermement toute idee d’annexion, declarant que le peuple groenlandais « ne sera jamais a vendre ».
Le sommet de l’Otan a Ankara se poursuit jusqu’a jeudi. Les 32 Etats membres doivent notamment discuter des budgets de defense, de la situation en Ukraine et des relations transatlantiques, mises a l’epreuve par les positions de l’administration Trump sur le commerce et la securite europeenne.
