Donald Trump a annoncé samedi 13 juin que la signature d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran était « prévue pour dimanche ». Quelques heures plus tôt, Téhéran avait pourtant exclu toute signature dans les prochaines 24 heures, évoquant plutôt « les prochains jours ».
Le président américain s’est exprimé sur son réseau Truth Social, affirmant que « la signature de l’accord est prévue pour demain, et dès qu’il aura été signé, le détroit d’Ormuz sera OUVERT À TOUS ». Une déclaration qui contredit frontalement la position iranienne, formulée par le porte-parole de la diplomatie Esmaïl Baghaï via l’agence Irna : « Nous devons attendre pour connaître la date exacte. Ce ne sera pas demain. »
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue le rôle de médiateur entre Washington et Téhéran, a de son côté déclaré que l’accord serait « probablement finalisé dans les 24 heures », suivi d’une signature électronique et de discussions techniques la semaine suivante. Une position intermédiaire qui reflète les incertitudes entourant le calendrier de ces négociations.
Un accord en 14 points, des versions divergentes
Selon plusieurs sources proches des discussions, le protocole d’accord comporte 14 points. La Maison Blanche évalue la probabilité d’un succès entre 80 et 85 %. Les grandes lignes incluent la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée du blocus américain sur les ports iraniens et le traitement de l’uranium enrichi iranien.
Mais les versions divergent sur les détails. Côté américain, le vice-président JD Vance a affirmé que « les Iraniens ne recevront pas d’argent », tandis que Téhéran revendique le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds gelés à l’étranger. Sur le volet nucléaire, Washington parle d’un uranium « détruit sur place puis exporté hors du pays », alors que l’Iran insiste sur une dilution effectuée uniquement sur son territoire et le maintien de son droit à l’enrichissement.
Donald Trump a vivement réagi à ces divergences publiques, dénonçant sur Truth Social « les termes que l’Iran a fait fuiter aux médias menteurs » qui n’auraient « RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit ».
Des drones iraniens abattus dans le détroit d’Ormuz
Sur le plan militaire, le Commandement central américain (Centcom) a annoncé samedi avoir abattu plusieurs drones d’attaque iraniens qui visaient des navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. « Les forces américaines les ont tous abattus ces dernières heures, et le trafic maritime dans le détroit reste fluide », a précisé le Centcom dans un communiqué.
Un pétrolier a par ailleurs été touché par un projectile inconnu au large d’Oman, selon l’agence britannique UKMTO. L’équipage est sain et sauf, aucun impact environnemental n’a été signalé.
Au Liban, les frappes israéliennes se sont poursuivies samedi contre des infrastructures du Hezbollah. L’armée israélienne a appelé à l’évacuation de 20 localités du sud du pays, dont Nabatiyé et Jezzine. Le ministère libanais de la Santé recense 3 756 morts et 11 632 blessés depuis le début du conflit le 2 mars.
Funérailles de Khamenei et sommet du G7
Les funérailles de l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors de frappes israélo-américaines le 28 février, se dérouleront du 4 au 9 juillet à Téhéran, Qom et Machhad. Cette cérémonie, qui intervient dans un contexte de transition politique à Téhéran, est suivie de près par les capitales occidentales.
Donald Trump est attendu lundi au sommet du G7 à Évian, où un dîner bilatéral avec Emmanuel Macron est programmé mardi au château de Versailles. Les discussions porteront notamment sur les efforts de déminage dans le détroit d’Ormuz, selon la présidence française.
