Le président américain Donald Trump a annoncé la mise en place d’un péage maritime de 20 % sur le détroit d’Ormuz, quelques semaines après la fermeture de cette voie stratégique par l’Iran en juin 2026. L’administration américaine a également rétabli un blocus maritime contre Téhéran, selon des informations du Monde et d’INFO.FR.
Situé entre l’Iran et la péninsule arabique, le détroit d’Ormuz est l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde : environ 20 % du trafic pétrolier mondial transite par ses eaux. Le 21 juin 2026, Téhéran avait annoncé la fermeture totale du détroit, invoquant la violation par les États-Unis d’un accord antérieur. Depuis lors, le trafic naval dans la zone s’est fortement réduit, selon plusieurs observateurs maritimes internationaux.
La nouvelle mesure américaine comporte deux volets. D’une part, Washington rétablit un blocus naval autour du détroit, visant à intercepter les navires suspectés de transporter du pétrole iranien en violation des sanctions américaines. D’autre part, l’administration Trump instaure un droit de péage de 20 % de la valeur de la cargaison pour tout navire souhaitant emprunter la voie maritime, une décision sans précédent dans l’histoire contemporaine du droit maritime international.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran. Depuis l’élection de Donald Trump, les États-Unis ont adopté une ligne dure vis-à-vis de la République islamique, alternant frappes militaires et négociations. En avril 2026, Trump s’était dit favorable à l’idée d’un péage, évoquant une « coentreprise » avec l’Iran pour gérer le détroit.
Les conséquences économiques de cette mesure sont potentiellement considérables. Le prix du baril de pétrole a augmenté sur les marchés internationaux depuis l’annonce. Les compagnies maritimes et d’assurance devraient répercuter le coût du péage sur le fret, ce qui pourrait alimenter l’inflation dans les économies dépendantes des importations pétrolières du Golfe.
La légalité de ce péage est contestée par plusieurs experts en droit international. Interrogé par franceinfo en avril 2026, un spécialiste avait jugé qu’un tel dispositif « serait une violation historique du droit international ». Le détroit d’Ormuz est considéré comme une voie d’eau internationale relevant du droit de la mer, qui garantit le libre passage de tous les navires en transit.
Aucune réaction officielle n’a encore été rendue publique par Téhéran à cette annonce. La communauté internationale suit avec attention les développements dans la région, où la présence navale américaine a été renforcée ces dernières semaines. Les prochains jours devraient permettre de préciser les modalités d’application de ce nouveau dispositif.
Sur le plan diplomatique, plusieurs capitales européennes ont exprimé leur préoccupation. Londres a évoqué « l’urgente nécessité » de rouvrir le détroit d’Ormuz au trafic international, selon des déclarations rapportées par BFM. Les Nations unies suivent de près la situation, alors que le détroit constitue une artère vitale pour l’approvisionnement énergétique mondial. Le canal de Panama, autre voie maritime stratégique, a déjà subi les conséquences de la rivalité sino-américaine, rappelant la vulnérabilité du commerce international face aux tensions géopolitiques.
Côté iranien, la présidence n’a pas encore réagi officiellement à l’annonce américaine. Les Gardiens de la révolution, qui contrôlent les installations militaires autour du détroit, n’ont pas non plus fait de déclaration publique. En juin, Téhéran avait justifié la fermeture du détroit par la violation de l’accord de cessez-le-feu par Washington, après que Trump avait lancé de nouvelles frappes contre le territoire iranien.
Les armateurs et assureurs maritimes, réunis à Londres, ont appelé à une solution négociée pour éviter une escalade. Selon des sources professionnelles citées par Les Échos et Le Figaro, le coût des primes d’assurance pour les navires transitant par le golfe Persique a déjà augmenté de manière significative depuis la fermeture du détroit en juin. Les compagnies pétrolières étudient des itinéraires alternatifs, notamment via le détroit de Malacca ou le Cap de Bonne-Espérance, ce qui allongerait considérablement les délais de livraison.
